Falaise des brevets : le jackpot generiques arrive d'ici 2035, es-tu pret ?
Une vague sans précédent d'expirations de brevets se profile d'ici 2035. Des dizaines de blockbusters vont tomber dans le domaine public. Pour l'officine, c'est une opportunité majeure sur les génériques et les biosimilaires, à condition d'anticiper.
On appelle ça la "falaise des brevets". D'ici 2035, une quantité historique de médicaments blockbusters vont voir leurs brevets expirer. Des molécules qui génèrent des milliards de dollars de chiffre d'affaires vont s'ouvrir à la concurrence générique et biosimilaire. Et pour l'officine française, ça va changer beaucoup de choses.
Le Monde détaille l'ampleur du phénomène : les laboratoires de génériques et de biosimilaires se préparent activement. Des pipelines entiers sont constitués autour de ces futures expirations. Côté systèmes de santé, les économies potentielles sont colossales. L'Assurance Maladie française a toujours été très agressive sur la substitution génériques, et on peut s'attendre à ce que la pression sur les taux de substitution s'intensifie encore.
Pour les biosimilaires, c'est encore plus structurant. Des anticorps monoclonaux et des biothérapies de grande diffusion arrivent en fin de protection. Le marché des biosimilaires en officine est encore sous-développé en France comparé à certains pays nordiques. Mais avec l'élargissement de la liste de substitution biosimilaire (11 groupes actuellement inscrits), le mouvement est enclenché.
Attention cependant : biosimilaire ne veut pas dire copie conforme au sens chimique. La formation des équipes officinales sur les différences pharmacologiques, les conditions de conservation, et la traçabilité des biothérapies devient un enjeu de compétence réel. Un patient sous adalimumab qu'on substitue sans accompagnement, c'est un risque d'incompréhension et d'inobservance.
Côté économique pour l'officine : la marge sur les génériques est structurellement différente de celle sur les princeps. Le modèle de rémunération à l'honoraire de dispensation amortit en partie cet écart, mais la valorisation du conseil et de l'accompagnement devient d'autant plus critique quand le volume progresse sur des lignes à faible valeur unitaire.
Les laboratoires princeps, eux, vont se battre. Reformulations, nouvelles indications, extensions de brevet : les stratégies d'évitement sont connues. Ton rôle au comptoir sera aussi d'expliquer aux patients pourquoi une "nouvelle version" d'une molécule connue peut parfois n'être qu'un habillage marketing.
Au comptoir demain matin : identifie dans ton portefeuille de patients quelles biothérapies sont concernées par les prochaines expirations. Anticipe la formation de ton équipe sur les biosimilaires. C'est maintenant que ça se prépare.
Source : Le Monde Sante