TDAH : une nouvelle molécule approuvée aux USA, la France reste à la traîne
La centanafadine vient d'obtenir le feu vert de la FDA pour le TDAH. Mode d'action innovant, alternative aux stimulants classiques. En France, les spécialistes tirent la sonnette d'alarme : le spectre thérapeutique disponible reste très étroit et les délais d'accès aux nouvelles molécules creusent l'écart avec les pays anglo-saxons.
Pendant qu'aux États-Unis une nouvelle molécule pour le TDAH décroche son AMM, en France on attend encore. C'est le résumé brutal de l'actualité du jour.
La centanafadine vient d'être approuvée par la FDA. Son mode d'action est différent des traitements existants : triple inhibiteur de la recapture de noradrénaline, dopamine et sérotonine, sans être un stimulant classique de type amphétaminique. Pour les patients qui tolèrent mal les psychostimulants ou qui ne répondent pas au méthylphénidate, c'est potentiellement une alternative sérieuse.
En France, le tableau est moins réjouissant. Les spécialistes interrogés par Le Monde tirent la sonnette d'alarme : la palette de molécules disponibles pour le TDAH est très limitée. Méthylphénidate en tête, atomoxétine en retrait, et très peu d'options pour les patients en échec ou intolérants. Les nouvelles molécules approuvées outre-Atlantique mettent des années à traverser l'Atlantique réglementaire.
Pour le pharmacien d'officine, le TDAH c'est déjà une spécialité complexe à gérer : ruptures fréquentes sur les formes LP de méthylphénidate, renouvellements sous ordonnance sécurisée, patients souvent en tension si la dispensation est décalée. Si de nouvelles molécules arrivent un jour en France, ça rajoutera des lignes à surveiller.
Sur le pipeline européen : la centanafadine n'a pas encore de dossier déposé à l'EMA à ce stade. Le chemin AMM européenne, puis remboursement HAS, puis accès effectif en officine représente généralement un délai de 3 à 5 ans post-FDA dans le meilleur des cas.
Ce qu'il faut retenir : le TDAH de l'adulte est une pathologie en pleine visibilité sociale, avec une demande de prise en charge qui explose. Les patients qui n'ont pas accès aux nouvelles molécules se tournent parfois vers des circuits parallèles ou des prescriptions transfrontalières. C'est un sujet qui va monter dans les prochaines années.
Demain matin au comptoir : si tu as des patients adultes sous méthylphénidate, c'est le bon moment pour renforcer l'entretien pharmaceutique et anticiper les ruptures de la rentrée.
Source : Le Monde Sante