346 millions de dollars pour un anti-douleur non-opioïde : la course est lancée

Latigo Biotherapeutics lève 346 millions de dollars en IPO pour développer un inhibiteur Nav1.8, une nouvelle classe d'antalgiques non-opioïdes en phase pivot. Si ça marche, c'est une révolution dans la gestion de la douleur chronique à l'officine.

346 millions de dollars. C'est ce que des investisseurs ont misé sur une seule molécule anti-douleur. Et ce n'est pas un opioïde.

MedCity News rapporte l'IPO record de Latigo Biotherapeutics sur le Nasdaq. La biotech américaine lève 346 millions de dollars pour financer son pipeline centré sur les inhibiteurs de Nav1.8, un canal sodique voltage-dépendant exprimé quasi exclusivement dans les neurones nociceptifs périphériques.

C'est quoi Nav1.8 ? C'est la cible qui fait rêver la recherche en douleur depuis des années. Bloquer sélectivement ce canal, c'est théoriquement couper la transmission de la douleur périphérique sans toucher le système nerveux central. Résultat : antalgie efficace, sans sédation, sans risque de dépendance, sans les effets opioïdes classiques.

La molécule vedette de Latigo est prête pour des essais pivots, selon le communiqué d'IPO. On n'est donc plus en phase exploratoire. On est à la porte de la phase 3, celle qui ouvre (ou ferme) la voie à une AMM.

Pourquoi c'est crucial pour nous ? La crise des opioïdes en France est moins aiguë qu'aux États-Unis, mais la dépendance aux antalgiques opioïdes est une réalité au comptoir. Tramadol, codéine, hydromorphone : on les voit, on gère les risques, on fait les bilans de médication. Une nouvelle classe antalgique non-opioïde efficace dans la douleur chronique changerait complètement le paysage.

BlossomHill Therapeutics a également levé des fonds au même moment pour des thérapies ciblées en oncologie pulmonaire (mutation C797S), un domaine où les options actuelles sont limitées après résistance aux EGFR-TKI de 3e génération.

Demain matin au comptoir : pas de changement immédiat, évidemment. Mais à suivre de près. Si Nav1.8 tient ses promesses en phase 3, on pourrait avoir dans 5 à 7 ans une alternative réelle aux opioïdes pour la douleur neuropathique. Et ça, ça vaut le bookmark.

Source : MedCity News