Apnée du sommeil : 6 millions de Français mal diagnostiqués, le pharmacien en première ligne

L'apnée obstructive du sommeil touche près de 6 millions de Français selon l'INSV, et plus de la moitié ne sont pas diagnostiqués. Non traitée, elle multiplie les risques cardiovasculaires, d'HTA et de diabète. Le pharmacien d'officine est idéalement placé pour repérer les patients à risque avant qu'il ne soit trop tard.

6 millions de Français. Plus de la moitié non diagnostiqués. Et une pathologie qui augmente le risque d'HTA, d'infarctus, de diabète et d'AVC. L'apnée obstructive du sommeil (SAHOS), c'est le dépistage raté de la décennie.

L'Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) dresse un tableau préoccupant. Le médecin généraliste ne voit le patient qu'une à deux fois par an. Le pharmacien, lui, le voit chaque mois pour renouveler son antihypertenseur ou son antidiabétique. Tu vois où je veux en venir ?

Le pharmacien est en position de repérage idéale. Pas de diagnostic, bien sûr : ça reste médical. Mais identifier un patient à risque, lui poser les bonnes questions, l'orienter vers son médecin ou un spécialiste du sommeil, ça, c'est dans nos cordes. Et c'est exactement ce que demande le Moniteur des Pharmacies dans ce dossier.

Les signaux d'alerte à détecter au comptoir : ronflements sévères rapportés par le conjoint, somnolence diurne excessive, fatigue chronique inexpliquée, HTA résistante au traitement, surpoids marqué avec cou épais, ou encore réveils nocturnes fréquents avec sensation d'étouffement. Aucun de ces signes n'est anodin.

La polysomnographie reste l'examen de référence pour confirmer le diagnostic. Mais le chemin entre "je ronfle un peu" et "j'ai rendez-vous chez le spécialiste" passe souvent... par le comptoir. C'est le pharmacien qui pose la question que personne n'a encore posée.

Et derrière le dépistage, il y a aussi la dispensation des dispositifs de PPC (pression positive continue). Les prestataires HAD assurent souvent la pose, mais la coordination avec l'officine reste un levier sous-exploité, notamment pour le suivi de l'observance.

Ce que ça change au comptoir demain matin ? La prochaine fois qu'un patient renouvelle son ramipril + amlodipine sans que son HTA soit vraiment équilibrée, pose-lui la question du sommeil. Tu pourrais changer sa vie. Littéralement.

Source : Le Moniteur des Pharmacies