Officines : CA en hausse, rentabilité en chute libre. On t'explique.
En 2025, le CA moyen des officines grimpe de 4,9 %. Mais près d'une officine sur deux voit sa performance économique reculer. La croissance du marché du médicament cache une réalité bien moins flatteuse pour les titulaires.
Le paradoxe de l'année 2025 en officine : plus de ventes, moins de marge. Comment c'est possible ?
Les chiffres sont là, noir sur blanc. Le chiffre d'affaires moyen des officines a progressé de 4,9 % en 2025. Belle performance en apparence. Sauf que 26,5 % des pharmacies ont vu leur activité reculer en valeur absolue. Et surtout, près d'une officine sur deux enregistre une baisse de sa performance économique. Bienvenue dans la nouvelle réalité de l'officine française.
L'explication, tu la connais déjà partiellement : la structure du CA officinal se déforme. La part des médicaments remboursables, à faibles marges post-baisses de prix LFSS répétées, grossit. Pendant ce temps, le panier OTC et para, qui amortissait les coups, stagne ou recule dans un contexte de pression concurrentielle de l'e-commerce et des GSS.
L'honoraire de dispensation ? Il est indexé sur l'acte, pas sur la valeur du médicament. Quand les boîtes low-cost explosent en volume, tu travailles autant pour moins. La croissance du CA en valeur ne se traduit pas mécaniquement en croissance de la rémunération réelle.
Ajoutons la pression sur les charges : masse salariale en hausse (revalorisation de la convention collective, recrutement sous tension), coûts énergétiques, inflation des charges locatives dans les zones urbaines. Le ciseau se ferme.
Le modèle économique de l'officine française est structurellement sous tension. Les honoraires de dispensation, la ROSP et les missions n'ont pas encore pris le relais suffisamment fort pour compenser l'érosion des marges sur le médicament remboursable.
Concrètement demain matin ? Surveille tes indicateurs de marge brute par famille de produits, pas seulement ton CA global. Un CA en hausse avec une marge en baisse, c'est une mauvaise nouvelle habillée en bonne. Et si ce n'est pas encore fait, l'analyse de rentabilité par rayon (OTC, para, conseil) doit devenir un réflexe mensuel, pas annuel.
Source : Le Moniteur des Pharmacies