Statines chez les plus de 75 ans, les arrêter peut être sans risque. Ce que dit le Lancet.
Une étude publiée dans The Lancet et relayée par STAT News casse un tabou : arrêter les statines chez les plus de 75 ans à faible risque cardiovasculaire n'augmente pas la mortalité. De quoi relancer le débat sur la déprescription à l'officine.
Les statines chez les vieux, on arrête ou on continue ? La question n'est pas nouvelle, mais une étude publiée dans The Lancet et relayée par STAT News vient d'y apporter une réponse qui mérite ton attention pleine et entière.
Conclusion de l'étude : stopper les statines chez des patients de plus de 75 ans présentant un faible risque cardiovasculaire n'entraîne pas de surmortalité. Autrement dit, pour ce profil de patient, la déprescription ne tue pas. C'est cliniquement et humainement important.
Pourquoi c'est un signal fort ? Parce que les statines font partie des traitements les plus prescrits chez les seniors. En France, des centaines de milliers de patients âgés les prennent au long cours, parfois depuis des décennies, avec des effets indésirables qui peuvent dégrader sérieusement la qualité de vie : myalgies, fatigue, troubles cognitifs. Le rapport bénéfice-risque est souvent reconduit par inertie de prescription, pas par réévaluation.
Cette étude ne dit pas qu'il faut arrêter les statines chez tous les seniors. Elle dit que pour les patients à faible risque CV, la balance peut pencher différemment. Nuance importante : la définition de "faible risque" reste l'affaire du médecin prescripteur et du bilan biologique.
Mais pour nous, à l'officine ? C'est un argument de plus pour la déprescription éclairée. Le bilan de médication chez les polypathologiques de plus de 75 ans (entretien remunéré, avenant convention) est exactement là pour ça. Identifier les statines potentiellement dispensables, signaler au médecin, tracer dans le DP. Pas improviser un arrêt au comptoir, mais ouvrir le dialogue.
Ce type de données internationales devrait alimenter ta pratique des BPM et te donner des arguments solides lors de tes échanges interprofessionnels. Le pharmacien comme acteur de la déprescription intelligente, c'est une vraie valeur ajoutée que peu de professions peuvent offrir au lit du patient ou au comptoir.
Demain matin : si tu as des patients âgés sous statines depuis des années sans réévaluation visible, c'est le bon moment pour proposer un bilan de médication et en parler au prescripteur.
Source : STAT News