Vogenx lève 81 millions pour une molécule dans une maladie sans traitement approuvé
Vogenx entre en bourse avec 81 millions de dollars pour tester le mizagliflozin en phase 2b dans l'hypoglycémie post-bariatrique, une pathologie orpheline de traitement approuvé. Un SGLT inhibiteur oral contre une complication méconnue mais croissante de la chirurgie de l'obésité. À surveiller de près.
Tu connais les SGLT2 pour le diabète de type 2 et l'insuffisance cardiaque. Et si la même famille de molécules s'attaquait à une complication redoutable de la chirurgie bariatrique ?
Vogenx, biotech américaine, vient de lever 81 millions de dollars via une introduction en bourse pour financer une étude de phase 2b. La molécule : le mizagliflozin. La cible : l'hypoglycémie post-bariatrique (PBH), une complication sévère qui touche certains patients après un bypass gastrique ou une sleeve gastrectomie. On parle de chutes glycémiques brutales, post-prandiales, parfois avec perte de conscience. Et zéro traitement approuvé à ce jour.
Pourquoi c'est important pour toi ? Parce que la chirurgie bariatrique explose en France. Selon les données de l'Assurance Maladie, plusieurs dizaines de milliers d'interventions sont réalisées chaque année. Et une partie non négligeable de ces patients finit au comptoir avec des symptômes de malaise, des hypoglycémies réactionnelles que ni eux ni parfois leurs médecins n'identifient correctement.
Côté concurrence, Amylyx Pharmaceuticals et Recordati développent des peptides injectables sur cette même indication. Mais Vogenx joue une carte différente : mécanisme d'action distinct et surtout une voie orale, ce qui en termes d'observance et d'acceptabilité patient, c'est un argument massif.
Le mizagliflozin agit comme inhibiteur de SGLT1 au niveau intestinal, ce qui ralentit l'absorption du glucose et réduit les pics glycémiques post-prandiaux responsables de l'effet rebond hypoglycémique. C'est élégant sur le plan pharmacologique.
On est en phase 2b, donc loin d'une AMM européenne. Mais garde ça dans un coin de ta tête : d'ici 3 à 5 ans, si les données sont là, tu pourrais avoir à conseiller ces patients bariatriques avec une option thérapeutique orale enfin disponible. Et tu seras le premier recours qu'ils consultent.
Source : MedCity News