Une antenne de pharmacie ouvre en Nouvelle-Aquitaine : le désert recule d'un kilomètre

Lévignac-de-Guyenne accueille la première antenne de pharmacie de Nouvelle-Aquitaine, deux ans après la fermeture de son officine. Rattachée à Duras, à 6 km, elle ouvre deux jours par semaine avec un pharmacien sur place. Une victoire concrète contre les déserts pharmaceutiques.

Deux ans sans pharmacie. Deux ans où les habitants de Lévignac-de-Guyenne (Lot-et-Garonne) devaient faire 6 kilomètres pour un médicament. Et là, bonne nouvelle : la première antenne de pharmacie de Nouvelle-Aquitaine ouvre ses portes.

Le modèle, c'est quoi exactement ? L'antenne est rattachée à une officine principale située à Duras. Elle ouvre deux jours par semaine, avec un pharmacien physiquement sur place. Les patients peuvent transmettre leurs ordonnances à l'avance et bénéficier d'un suivi pharmaceutique. Ce n'est pas une borne automatique, ce n'est pas un distributeur. C'est une vraie présence pharmaceutique humaine, en format adapté.

Le statut d'antenne de pharmacie, rappelons-le, est issu des dispositions permettant à une officine de créer un lieu de dispensation secondaire dans des communes sous-dotées, sous conditions ARS. Ce n'est pas une officine à part entière (pas d'autonomie juridique propre), mais c'est mieux que rien, et surtout, mieux que l'absence totale.

Pourquoi c'est une bonne nouvelle pour la profession ? Parce que ça montre qu'il existe des solutions concrètes entre la pharmacie pleine et la fermeture sèche. Et que des titulaires acceptent de s'engager sur ce format, avec les contraintes organisationnelles que ça implique : planning, déplacement, double site.

Ça pose aussi des questions sur le modèle économique. Une antenne, c'est des charges supplémentaires pour l'officine de rattachement. Les honoraires de dispensation et les marges s'appliquent normalement, mais le volume d'activité sur deux jours dans un petit village, ça reste limité. L'engagement humain et territorial prime clairement sur la rentabilité immédiate.

La Nouvelle-Aquitaine est une grande région avec des zones rurales significatives. Cette première antenne pourrait ouvrir la voie à d'autres ouvertures du même type, si les ARS jouent le jeu de l'autorisation et si des titulaires volontaires se manifestent.

Demain matin au comptoir : si tu es en zone péri-urbaine ou rurale avec une commune voisine sans officine, le modèle antenne mérite d'être regardé de près. C'est un levier d'accès aux soins, et potentiellement un argument de plus pour ton prochain entretien avec l'ARS.

Source : Le Moniteur des Pharmacies