Rupture de BICAFRES : un arrêté fixe enfin le prix des préparations magistrales
BICAFRES est en rupture, et l'Assurance Maladie ne laisse pas les patients sans solution. Un arrêté du 21 août 2026, publié au JO du 22 août, encadre désormais le prix de vente au public des préparations magistrales de bicarbonate de sodium prises en charge. Concrètement, ça change quoi au comptoir ? Beaucoup.
BICAFRES est out. Et l'État a réagi vite.
Un arrêté du 21 août 2026, publié au Journal officiel du 22 août 2026, fixe les prix de vente au public des préparations magistrales de bicarbonate de sodium prises en charge par l'Assurance Maladie. C'est le pendant réglementaire direct de la rupture de stock de BICAFRES, la spécialité de référence à base de bicarbonate de sodium oral.
Pourquoi c'est important ? Parce que sans prix fixé par arrêté, une préparation magistrale prise en charge reste dans le flou tarifaire. Le pharmacien préparateur devait jongler entre le coût réel, le PFHT théorique et le risque de refus de remboursement. Là, le cadre est posé. Noir sur blanc. Au JO.
Côté officine, ça signifie plusieurs choses. D'abord, les pharmacies disposant d'un laboratoire de préparations peuvent réaliser ces préparations en toute sécurité tarifaire. Ensuite, les patients sous bicarbonate de sodium oral (insuffisance rénale chronique, acidose métabolique) ne se retrouvent pas au bord du chemin. La continuité thérapeutique est assurée.
Attention toutefois : toutes les officines ne peuvent pas se lancer. Réaliser une préparation magistrale de bicarbonate de sodium, ça suppose un laboratoire aux normes BPP (Bonnes Pratiques de Préparation), des matières premières à usage pharmaceutique, et une traçabilité complète. Si tu n'as pas le setup, le réflexe c'est d'orienter vers une officine préparatrice ou une PUI partenaire.
Sur le fond, cette situation illustre un problème structurel que tout le monde connaît : la dépendance à des spécialités mono-source sur des molécules aussi basiques que le bicarbonate de sodium. Quand ça tombe en rupture, c'est la préparation magistrale qui sauve la mise. Et c'est le pharmacien qui est en première ligne.
Demain matin au comptoir : si tu as un patient sous BICAFRES qui revient avec son ordonnance et les mains vides, vérifie si tu peux préparer ou orienter vers un confrère préparateur. L'arrêté est paru, le remboursement est sécurisé. Plus d'excuse pour laisser le patient sans traitement.
Source : USPO