Adragos double sa prod au Japon et renforce sa présence en France : la CDMO monte en puissance
Adragos Pharma va plus que doubler ses capacités de production de formes solides au Japon via un accord avec Towa Pharmaceutical. La CDMO allemande développe aussi ses capacités en France. Un signal fort pour la sécurisation des approvisionnements en génériques.
Adragos Pharma n'est pas une CDMO comme les autres. L'allemande, née du rachat des sites de production européens de Pfizer, est en train de se constituer un réseau de fabrication mondial qui mérite qu'on s'y attarde sérieusement.
Dernière annonce : un accord de principe avec Towa Pharmaceutical au Japon pour sécuriser l'approvisionnement du marché japonais en médicaments hors brevet. Le contrat prévoit jusqu'à 1,5 milliard de comprimés par an sur le site d'Adragos au Japon. C'est une capacité industrielle considérable, plus que doublée par rapport à la situation actuelle.
Mais le plus intéressant pour nous, c'est le volet France. Adragos renforce simultanément ses capacités sur le territoire français. On parle d'un acteur qui fabrique des formes solides, des génériques, des médicaments matures dont certains approvisionnent directement nos rayons et nos grossistes.
Pourquoi c'est important au comptoir ? Parce que les ruptures de génériques sont l'un de nos cauchemars quotidiens. Chaque investissement dans une capacité de production supplémentaire pour des molécules matures, c'est potentiellement moins de substitutions impossibles, moins de DP en rupture, moins de patients renvoyés sans traitement.
Le modèle CDMO, c'est l'avenir de la production pharmaceutique européenne : des sites spécialisés, mutualisés entre plusieurs donneurs d'ordre, capables de basculer rapidement d'une molécule à l'autre en fonction de la demande. Adragos opère déjà sur plusieurs sites en Europe, dont en France, ce qui lui donne une résilience que les labos intégrés verticalement n'ont plus les moyens d'assurer seuls.
L'accord avec Towa au Japon est aussi stratégique : il ancre Adragos sur un marché générique mature et très exigeant sur la qualité pharmaceutique, ce qui tirera les standards de production vers le haut sur l'ensemble du réseau.
Demain au comptoir : ça ne change rien immédiatement, mais c'est le type d'investissement industriel qui, dans 18 à 24 mois, peut significativement réduire les tensions d'approvisionnement sur certaines formes solides. À suivre.
Source : ActuLabo