Ordonnance falsifiée ? Une faute d'ortho les a trahis

Un pharmacien de Romans-sur-Isère a repéré deux faussaires grâce à une faute d'orthographe sur une ordonnance. Preuve que l'oeil clinique du comptoir, c'est aussi lire entre les lignes. L'alerte rapide a permis l'arrestation des deux individus.

Un pharmacien de Romans-sur-Isère (Drôme) a mis en échec deux fraudeurs à l'ordonnance grâce à un détail que même un correcteur automatique aurait raté : une faute d'orthographe. Deux ressortissants étrangers ont été interpellés après cette détection.

La scène se passe au comptoir. Une ordonnance débarque. Quelque chose cloche. Pas le médicament, pas le dosage... mais l'orthographe. Une erreur qui ne colle pas avec le style rédactionnel d'un prescripteur français. Le pharmacien tire la sonnette d'alarme. Résultat : arrestation en flagrant délit.

Ca te rappelle quelque chose ? Les ordonnances falsifiées, on les voit passer. Benzodiazépines, opiacés, prégabaline... Les fraudeurs s'adaptent, photocopient, grattent, recomposent. Mais ils oublient souvent l'essentiel : un prescripteur qui rédige des centaines d'ordonnances par semaine ne fait pas de fautes d'orthographe sur les termes de son propre métier.

Les signaux d'alerte classiques à garder en tête : qualité du papier, cohérence de la mise en page, numéro RPPS vérifiable en ligne, posologie inhabituelle, et bien sûr... la syntaxe. Un médecin écrit "hydroxyzine", pas "hydroxisine". Un faussaire, lui, fait des raccourcis.

Le DP reste ton meilleur allié dans ces situations. Croiser la délivrance avec l'historique patient, vérifier l'absence de doublon de prescription sur la même période, c'est déjà un premier filet. Et en cas de doute sérieux, appeler le cabinet du prescripteur directement, c'est non seulement légal, c'est recommandé.

Ce fait divers drômois rappelle une réalité : la vigilance du pharmacien n'est pas un vieux réflexe de méfiance mal placée. C'est un acte professionnel à part entière, reconnu et attendu par les autorités. L'ANSM, l'Assurance Maladie et les forces de l'ordre comptent sur vous comme premier rempart.

Demain matin au comptoir : si une ordonnance te met mal à l'aise, même pour une raison que tu n'arrives pas à formuler clairement, ne délivre pas. Appelle. Vérifie. Ta responsabilité pénale et professionnelle est engagée à chaque dispensation. Et parfois, deux mots mal orthographiés valent mieux qu'un rapport de police.

Source : Le Quotidien du Pharmacien