Rentrée et asthme de l'enfant : ton comptoir peut faire la différence
La première semaine de rentrée scolaire est une période à haut risque pour les enfants asthmatiques. L'oubli ou l'arrêt du traitement de fond pendant les vacances, combiné au retour en collectivité, crée un cocktail explosif. Le pharmacien est souvent le premier professionnel de santé revu à cette période.
Chaque année, même histoire. Et chaque année, des hospitalisations évitables. La rentrée scolaire, c'est le pic de crises d'asthme chez l'enfant. Et cette fois, tu le lis avant que ça arrive.
Pourquoi la rentrée est-elle aussi risquée ? Deux facteurs se cumulent. D'abord, l'interruption ou l'oubli du traitement de fond pendant les vacances. Quelques semaines sans corticoïde inhalé, et l'inflammation bronchique reprend silencieusement. L'enfant semble aller bien. Les parents baissent la garde. L'équipe officinale aussi, parfois.
Ensuite, le retour en collectivité. Rhinovirus, mycoplasmes, allergènes d'intérieur (acariens dans les classes), émotion et fatigue de la rentrée : c'est un cumul de triggers qui explose souvent dès la première semaine de septembre.
Le pharmacien est, dans beaucoup de cas, le premier professionnel de santé revu à la rentrée. Avant le médecin traitant, avant le pédiatre. Ce moment-là est en or.
Qu'est-ce qu'on fait concrètement ? On vérifie l'historique DP des enfants asthmatiques. Le traitement de fond a-t-il été dispensé en juillet-août ? Si non, ou si l'observance semble douteuse, c'est l'occasion d'un entretien rapide avec les parents. Pas une consultation, juste un échange de deux minutes qui peut éviter une crise grave.
On vérifie aussi la technique d'inhalation. Les dispositifs changent parfois entre deux renouvellements, les enfants grandissent et leurs volumes inspiratoires évoluent. Un chambre d'inhalation mal utilisée, c'est un traitement à 30 % d'efficacité.
Et le plan d'action asthme ? Si la famille n'en a pas, c'est le moment d'en parler avec le prescripteur. Certaines officines ont déjà intégré ce point dans leurs bilans de médication.
Demain matin au comptoir : un regard sur le DP des enfants asthmatiques de ta patientèle, et une phrase aux parents qui viennent chercher la trousse de rentrée. Simple, gratuit, potentiellement vital.
Source : Le Moniteur des Pharmacies