Trump négocie les prix des médicaments : 9 labos de plus au pied du mur

Le président américain vient d'annoncer une deuxième vague d'accords sur les prix avec 9 nouveaux laboratoires. La politique du "Most Favored Nation" s'accélère outre-Atlantique. Et pour nous en France, ça mérite qu'on lève le nez du comptoir.

Neuf laboratoires supplémentaires viennent de signer des accords de prix avec l'administration Trump. C'est la deuxième vague d'une politique baptisée "Most Favored Nation" : les États-Unis ne paieront pas plus cher que le pays qui obtient le meilleur prix mondial. Et ça, c'est une petite bombe dans l'industrie pharmaceutique mondiale.

Pourquoi ça nous concerne en France ? Parce que la France fait précisément partie des pays qui négocient des prix bas via le CEPS. Si les États-Unis s'alignent sur ces prix européens, les laboratoires vont mécaniquement chercher à remonter les prix en Europe pour rééquilibrer leur modèle. Autrement dit : les prix franco-français pourraient devenir une variable d'ajustement dans les négociations mondiales.

L'autre lecture : les labos US sous pression de marge vont accélérer les arbitrages de portefeuille. Certaines molécules peu rentables au regard des nouveaux plafonds américains pourraient être dépriorisées, voire retirées de certains marchés. Et qui gère les ruptures d'approvisionnement au quotidien ? Toi. Au comptoir.

Historiquement, chaque fois que la pression sur les prix s'intensifie aux États-Unis, les tensions sur l'approvisionnement européen suivent avec 12 à 18 mois de décalage. Ce n'est pas une certitude, mais c'est un signal à surveiller de près.

Et devinez quoi ? Les GLP-1 sont au coeur de ces négociations. Les agonistes du récepteur GLP-1 figurent parmi les molécules phares visées par la politique de prix Trump. Ce qui se joue là-bas influence directement les disponibilités et les prix que l'industrie acceptera de négocier avec nos autorités.

Ce que ça change au comptoir demain matin ? Rien d'immédiat, soyons honnêtes. Mais c'est le genre d'actu macro qui dessine le contexte des ruptures de demain et des renégociations CEPS de l'année prochaine. Un pharmacien qui comprend les dynamiques mondiales, c'est un pharmacien qui anticipe. Et qui ne se retrouve pas surpris quand une référence disparaît du catalogue.

Source : STAT News