Tiers payant contre biosimilaire : le dispositif est enfin opérationnel
C'est parti pour de vrai. Le tiers payant conditionnel étendu aux biosimilaires et hybrides substituables est désormais opérationnel. Concrètement, si le patient refuse la substitution, il avance les frais. Voici ce qu'il faut maîtriser avant d'ouvrir le comptoir.
Ça y est. Après des mois d'attente, le dispositif "tiers payant contre biosimilaire et hybride" est officiellement opérationnel. La FSPF l'a confirmé dans son Live de rentrée et dans une circulaire diffusée à ses adhérents. Un soulagement pour les défenseurs de la substitution biosimilaire, un défi logistique pour tout le monde.
Le principe est simple : quand la substitution est possible et que le prescripteur ne l'a pas exclue, le patient doit accepter le biosimilaire ou l'hybride pour bénéficier du tiers payant. S'il refuse, il avance la totalité des frais. Pas de substitution, pas de TP. La règle est la même que pour les génériques depuis des années.
Attention à l'indication, comme le rappelle Lucie Bourdy-Dubois, présidente de la commission Métier pharmacien à la FSPF : la substitution n'est pas possible sur toutes les lignes de prescription. Il faut vérifier que le médicament concerné figure bien sur la liste des biosimilaires substituables publiée par l'ANSM. Pas question d'appliquer le dispositif à l'aveugle.
L'USPO a également mis à disposition une fiche pratique biosimilaires dans ce contexte, accessible sur son site. Côté FSPF, la circulaire détaille les cas concrets et les procédures. Deux outils complémentaires à télécharger sans attendre pour briefer ton équipe.
La question du dialogue avec le patient reste entière. Dire "vous allez avancer les frais si vous refusez" demande de la pédagogie et du tact. L'argument économique fonctionne, mais il faut aussi rassurer sur la bioéquivalence. C'est là que votre rôle de professionnel de santé prime sur le simple gestionnaire de flux.
Sur le plan syndical, la FSPF et l'USPO semblent alignées sur l'opérationnalité du dispositif. La FSPF porte le sujet depuis le premier plan et communique activement. L'USPO fournit les outils pratiques. Quant à l'UPGF, le syndicat n'a pas pris position publiquement sur ce dispositif à ce stade.
Demain matin au comptoir : vérifie que ton logiciel est paramétré pour bloquer le TP en cas de refus de substitution biosimilaire. Télécharge la fiche USPO. Et brief ton équipe sur le discours patient. Le vrai enjeu, c'est que la substitution se fasse, pas que le patient parte avec une facture.
Source : Le Pharmacien de France