Shingrix protège aussi le coeur : la balance bénéfice-risque vient de pencher encore plus

Une étude parue dans Nature Medicine suggère que le vaccin recombinant contre le zona Shingrix offrirait une protection significative contre les maladies cardiovasculaires. Déjà recommandé et remboursé, ce vaccin que tu proposes au comptoir se révèle peut-être encore plus précieux que prévu.

Tu proposes déjà Shingrix à tes patients de plus de 65 ans. Tu vas peut-être le pousser encore plus après ça.

Une étude comparative publiée dans Nature Medicine fin août suggère que le vaccin recombinant contre le zona (Shingrix) confèrerait une protection significative contre les maladies cardiovasculaires. Infarctus, AVC, insuffisance cardiaque : les patients vaccinés présenteraient un risque réduit par rapport aux non-vaccinés.

Le mécanisme pressenti ? Le zona lui-même est connu pour augmenter le risque cardiovasculaire dans les semaines et mois qui suivent l'épisode aigu, via une réponse inflammatoire et une atteinte vasculaire. Empêcher le zona, c'est donc potentiellement couper cette chaîne causale.

Attention : c'est une étude observationnelle, pas un essai randomisé contrôlé. Le biais de confusion n'est jamais exclu dans ce type de travail. Les auteurs eux-mêmes restent prudents sur la causalité. Ce n'est pas encore une indication cardiovasculaire adossée à une AMM.

Mais ça ne change pas le message au comptoir : Shingrix est déjà recommandé chez les adultes immunodéprimés à partir de 18 ans et chez tous les adultes à partir de 65 ans. Il est remboursé dans ces indications. Sa balance bénéfice-risque est déjà très positive avec une efficacité vaccinale supérieure à 90% contre le zona symptomatique.

Si en plus il protège le coeur, on passe d'un vaccin "utile" à un vaccin "remarquable". Et ça, c'est un argument de plus pour la consultation vaccinale en officine.

Ce que ça change demain matin ? Rien dans la réglementation ni dans les indications remboursées. Mais quand ton patient de 68 ans hésite entre le coût du vaccin et le reste à charge, tu as un argument supplémentaire, fondé sur de la littérature sérieuse, pour faire pencher la balance. Et ça, c'est notre boulot.

Source : Le Quotidien du Pharmacien