Vaccination : la Cour des comptes valide le rôle clé des pharmaciens

Le rapport de la Cour des comptes sur la politique vaccinale depuis 2018 est sorti, et c'est une reconnaissance officielle du travail des pharmaciens. Le rôle de l'officine dans la montée en puissance de la couverture vaccinale est salué noir sur blanc. C'est la bonne nouvelle du jour, et elle mérite d'être savourée.

On n'en reçoit pas tous les jours, alors profite. La Cour des comptes vient de publier son rapport sur la politique vaccinale mise en oeuvre depuis 2018, et les pharmaciens y tiennent une place de choix, dans le bon sens du terme.

L'institution reconnaît explicitement le rôle prépondérant des pharmaciens dans l'extension de la couverture vaccinale en France. Depuis 2019 pour la grippe, puis progressivement élargi à d'autres vaccins, la vaccination en officine a changé la donne. Des millions d'actes réalisés, une accessibilité accrue, un maillage territorial que ni les médecins ni les infirmiers ne peuvent reproduire seuls avec leurs 19 274 officines réparties sur tout le territoire.

La Cour des comptes soulève néanmoins un point de friction bien réel : le statut vaccinal de chaque assuré reste largement inconnu. L'absence de traçabilité exhaustive complique le calcul des taux de couverture réels et rend difficile le ciblage des populations sous-immunisées. Le Dossier Pharmaceutique pourrait être une solution, et tu le sais mieux que quiconque : tu l'utilises déjà comme outil de traçabilité, mais son alimentation automatique en données vaccinales reste perfectible.

C'est quoi la vraie bonne nouvelle ici ? Que la reconnaissance du rôle des pharmaciens dans la politique vaccinale ne vient plus seulement des syndicats ou de l'Ordre. Elle vient d'une institution indépendante, à vocation économique et juridique, dont les rapports alimentent directement les décisions du Parlement et du gouvernement. Ce type de validation officielle pèse dans les négociations conventionnelles.

Et pour ceux qui doutent encore que la vaccination en officine soit une mission pérenne : ce rapport enterre le débat. L'officine est dans le paysage vaccinal français pour de bon. La question n'est plus "les pharmaciens doivent-ils vacciner ?" mais "comment mieux tracer et cibler pour optimiser la couverture ?".

Ce que ça change au comptoir demain matin : fais le point sur la traçabilité vaccinale dans ton DP et encourage tes patients à renseigner leurs carnet de vaccination. C'est le prochain chantier, et être en avance sur la traçabilité, c'est être en avance sur le prochain avenant.

Source : Le Quotidien du Pharmacien