GLP-1 remboursés : Wegovy et Mounjaro explosent les compteurs
Depuis leur remboursement le 15 juin, Wegovy et Mounjaro ont vu leurs ventes bondir de 74 % en quelques semaines. Les trois quarts des dispensations passent en remboursement. Le marché du médicament remboursable est en train de se redistribuer sous tes yeux.
74 % en quelques semaines. C'est la hausse des dispensations de Wegovy (sémaglutide) et Mounjaro (tirzépatide) depuis leur remboursement par l'Assurance maladie le 15 juin.
Les trois quarts des boîtes sorties depuis le remboursement ont été présentées à l'Assurance maladie. Ce n'est pas un glissement : c'est un basculement structurel. Le marché du médicament remboursable n'a pas connu une telle recomposition depuis longtemps.
Le top 10 des laboratoires et des produits s'en trouve redistribué, selon les données relayées par Le Quotidien du Pharmacien. Les laboratoires dont les GLP-1 étaient auparavant cantonnés au marché libre (et aux marges parapharmacie correspondantes) entrent maintenant dans le circuit remboursé avec tout ce que ça implique : MDL, honoraire de dispensation, DP, flux de tiers payant.
Côté gestion de comptoir, l'enjeu est immédiat : la demande explose, les stocks sont sous tension, et les ordonnances arrivent parfois d'endocrinologues mais aussi de médecins généralistes sur des patients qui n'attendaient que ça. Autant te préparer à des files d'attente et à des ruptures locales en cas de tension d'approvisionnement.
Côté économique, la substitution entre molécules de la même classe n'est pas possible ici : sémaglutide et tirzépatide ont des AMM et des profils distincts. Pas de genericisation à l'horizon immédiat. La dispensation restera attachée à l'ordonnance originale, et l'honoraire de dispensation reste le même quelle que soit la valeur de la boîte.
L'impact sur le chiffre d'affaires global du réseau est déjà visible dans les chiffres macro : les analogues du GLP-1 portent la croissance du médicament remboursable. Mais attention, une hausse de CA n'est pas une hausse de marge : sur des spécialités à prix élevé, la MDL est en tranche basse et l'honoraire de dispensation fixe ne compense pas tout.
Demain matin au comptoir : anticipe les délais de livraison, informe tes patients sur les conditions du remboursement (ordonnance obligatoire, indication précise), et sois prêt à gérer la frustration de ceux qui ne remplissent pas les critères. C'est du conseil pur, et c'est ton terrain.
Source : Le Quotidien du Pharmacien