Les deals secrets de Trump qui sabordent sa propre politique sur les prix des médicaments

La politique "most-favored nation" de Trump devait faire baisser les prix des médicaments aux USA. Une nouvelle analyse révèle que des accords confidentiels avec les labos pharma pourraient vider la mesure de sa substance. Cherchez l'erreur.

Trump avait promis que les Américains ne paieraient plus leurs médicaments plus cher que n'importe quel autre pays développé. La politique "most-favored nation" (MFN), c'était le grand plan pour aligner les prix US sur les tarifs les plus bas pratiqués dans le monde.

Sauf que, selon une nouvelle analyse relayée par STAT News, des accords secrets passés en coulisses entre l'administration et plusieurs laboratoires pharmaceutiques pourraient drastiquement réduire les économies attendues.

Le principe MFN est simple sur le papier : si un pays paie un médicament moins cher que les USA, les USA doivent bénéficier du même tarif. Résultat théorique : des économies massives pour Medicare, le régime d'assurance maladie des seniors américains.

Mais en pratique, les labos ont visiblement négocié des exemptions et aménagements non publics. Ces deals, dont les détails restent confidentiels, auraient pour effet de protéger certains produits phare des baisses de prix les plus significatives. Les économies projetées seraient donc, selon cette analyse, bien inférieures à ce qu'avait annoncé la Maison Blanche.

Pourquoi c'est intéressant pour toi, pharmacien français ? D'abord parce que ce qui se passe aux USA sur la régulation des prix pharma finit toujours par irriguer le débat européen. Ensuite parce que ce mécanisme de "prix de référence international" ressemble beaucoup à ce que la France pratique déjà via le Comité Économique des Produits de Santé (CEPS) dans ses négociations avec les industriels.

Et enfin parce que la tension entre transparence des prix et accords confidentiels avec l'industrie, on la connaît bien en France aussi. Le CEPS négocie, les remises sont secrètes, le prix facial affiché ne reflète pas toujours ce que paye vraiment l'Assurance Maladie.

Leçon numéro 1 : les politiques de prix des médicaments, qu'elles viennent de gauche ou de droite, de Paris ou de Washington, se heurtent toujours à la même réalité : les labos négocient, et ils sont plutôt bons à ça.

Demain matin au comptoir : rien de direct à changer. Mais garde ça en tête la prochaine fois qu'un patient te dit que "en Amérique, les médicaments coûtent une fortune". La réalité est, comme toujours, un peu plus compliquée.

Source : STAT News