Kiné prescripteur : ce que l'arrêté du 16 sept. change vraiment pour ton officine

Un arrêté paru au JO le 16 septembre 2026 élargit le droit de prescription des masseurs-kinésithérapeutes. Pour l'officine, c'est une nouvelle source d'ordonnances à délivrer - et un arbitrage à ne pas rater sur la relation prescripteur.

Contexte

Jusqu'à présent, les masseurs-kinésithérapeutes (MK) pouvaient prescrire un périmètre limité de dispositifs médicaux remboursables, principalement des aides à la marche et quelques accessoires de rééducation. L'arrêté du 16 septembre 2026, publié au Journal officiel, élargit significativement cette liste. Concrètement, ces prescriptions ouvrent droit à remboursement par l'Assurance Maladie, ce qui les rend pleinement opposables à l'officine. La France compte un nombre significatif de masseurs-kinésithérapeutes en exercice, dont une très large majorité en libéral. Chaque cabinet libéral génère régulièrement des prescriptions de dispositifs médicaux. L'extension de leur périmètre de prescription crée donc mécaniquement un flux d'ordonnances supplémentaires susceptibles d'arriver au comptoir - ordonnances sur lesquelles le pharmacien a un rôle de dispensation, de conseil et de traçabilité.

Analyse business

Le vrai sujet business n'est pas médiatique, il est discret et structurel : quand un professionnel de santé gagne le droit de prescrire, l'officine de proximité de son cabinet capte - ou rate - ce flux.

Premier enjeu : le volume potentiel. Compte tenu du nombre élevé de MK libéraux en France, tout élargissement du périmètre de prescription est susceptible de générer un volume significatif d'ordonnances supplémentaires sur le réseau officinal. L'impact réel dépendra du contenu exact de la liste élargie, que les officines doivent identifier ligne par ligne.

Deuxième enjeu : la marge sur les DM remboursables. Les dispositifs médicaux inscrits à la LPPR (Liste des Produits et Prestations Remboursables) sont tarifés par convention CEPS. La marge officinale sur ces produits est généralement encadrée mais elle s'accompagne souvent d'un acte de dispensation valorisable et d'une fidélisation du patient sur la durée du traitement de rééducation.

Troisième enjeu : la relation prescripteur. Le médecin généraliste reste prescripteur central, mais l'émergence de nouveaux prescripteurs (MK, infirmiers, sages-femmes) fragmente les sources d'ordonnances. L'officine qui ne cultive pas sa relation avec le cabinet kiné du quartier laisse filer ce flux vers la pharmacie concurrente qui, elle, a pris le temps d'aller se présenter.

Quatrième enjeu réglementaire à surveiller : l'arrêté définit la liste des produits prescriptibles et remboursables. Il est impératif de vérifier que ton logiciel de gestion officinale intègre rapidement ces nouvelles références LPPR sous ordonnance MK, pour éviter tout refus de prise en charge à la caisse.

Position syndicale : la FSPF, qui a relayé l'information sur son site, ne s'est pas encore prononcée sur un éventuel impact tarifaire ou conventionnel pour les officines. À ce jour, l'USPO et l'UPGF n'ont pas publié de réaction sur ce texte spécifique.

Recommandations actionnables

1. Télécharger l'arrêté du 16/09/2026 et identifier la liste exacte - Récupère le texte intégral sur Légifrance (lien ci-dessous) et liste les références LPPR nouvellement prescriptibles par les MK. C'est le préalable à tout le reste.

2. Vérifier la mise à jour de ton logiciel officinal - Contacte ton éditeur (PharmaLand, Winpharma, Caducée, Smart Rx…) pour confirmer que les ordonnances MK sur ces nouvelles références sont correctement prises en charge en télétransmission Noemie, sans rejet.

3. Identifier les cabinets kiné de ta zone de chalandise - Fais la liste des 3 à 5 cabinets les plus proches. Un simple passage pour te présenter et leur remettre une fiche pratique sur les produits que tu proposes suffit à ancrer la relation.

4. Former l'équipe au conseil associé - Les dispositifs prescrits par les MK (orthèses, accessoires de rééducation, aides à la posture) se prêtent à un conseil complémentaire OTC (antalgiques topiques, compléments articulaires) : briefer les préparateurs sur les associations pertinentes.

5. Surveiller l'évolution réglementaire - D'autres professions paramédicales (infirmiers en pratique avancée, podologues) voient leur droit de prescription s'élargir par vagues successives. Mets une alerte LegiRSS Pharmacie pour ne pas rater le prochain arrêté.

Sources citees

- FSPF - Élargissement du droit de prescription des masseurs-kinésithérapeutes - Légifrance - JO du 16 septembre 2026 (arrêté référencé dans la source FSPF)

Source : Pharm'Actus · FSPF — Élargissement du droit de prescription des masseurs-kinésithérapeutes, Légifrance — JO du 16 septembre 2026 (arrêté référencé dans la source FSPF)