Recul de la vaccination infantile en Europe : un signal que l'officine ne peut pas ignorer

Une étude publiée dans The Lancet révèle qu'au moins quatre vaccins infantiles sur sept sont en reflux dans 16 pays de l'UE depuis la pandémie de Covid-19. La France n'est pas épargnée. Un signal fort pour la pharmacie de premier recours.

The Lancet vient de sortir une étude qui fait mal. Sur sept vaccins infantiles suivis de 1980 à 2024 dans 16 pays de l'Union européenne, au moins quatre affichent une couverture vaccinale en recul depuis la pandémie de Covid-19. La France est dans le lot : hausse pour quatre vaccins, baisse pour trois autres.

Ca te rappelle quelque chose ? La pandémie a fracturé la confiance vaccinale. Les consultations pédiatriques ont déraillé, les campagnes ont été perturbées, et une partie des parents a reporté sine die les primo-vaccinations de leurs enfants. Deux ans plus tard, ce retard ne s'est pas rattrapé partout.

Le problème pour les pharmaciens d'officine, c'est que ce recul concerne des vaccins obligatoires ou fortement recommandés dans le calendrier vaccinal. Rougeole, coqueluche, méningite... Des pathologies qu'on avait quasi éradiquées en France et qui pointent à nouveau le bout de leur nez dès que la couverture vaccinale descend sous le seuil d'immunité collective.

Et concrètement pour toi ? Tu es souvent le premier professionnel de santé que voient les parents depuis leur pharmacie de quartier. C'est toi qui délivre les vaccins, qui vois passer les carnets de santé lors des demandes de conseil pédiatrique. C'est le moment de jouer ton rôle de professionnel de santé de premier recours : une question sur le calendrier vaccinal à chaque délivrance pédiatrique, ce n'est pas du prosélytisme, c'est de la prévention.

L'étude du Lancet rappelle aussi que ce phénomène est structurel et européen. Ce n'est pas un bug passager. Les campagnes de rattrapage vaccinal sont insuffisantes dans plusieurs pays. En France, la stratégie nationale de santé sexuelle et reproductive intègre déjà des objectifs d'accès, mais le volet pédiatrique vaccinal reste un angle mort des politiques de santé de premier recours.

Demain matin au comptoir : si un parent vient chercher du Doliprane pédiatrique et que l'enfant a moins de 2 ans, c'est le bon moment pour glisser une question sur le carnet de vaccination. Pas besoin d'un entretien formel, juste un réflexe de professionnel.

Source : Le Monde Santé / The Lancet