Anti-obésité : 85 600 boîtes vendues en France, le comptoir devient acteur clé

Depuis leur mise sur le marché en juin, les médicaments anti-obésité ont généré 85 600 boîtes vendues en France. Des chiffres encore modestes, mais un signal fort que l'officine entre dans une nouvelle ère thérapeutique sur l'obésité.

85 600 boîtes. Ce n'est pas un raz-de-marée, mais c'est un démarrage. Et pour une classe thérapeutique qui ouvre enfin une prise en charge sérieuse de l'obésité en France, c'est une bonne nouvelle.

Depuis leur mise sur le marché, les médicaments anti-obésité sont accessibles aux patients français. Le Collectif national des associations d'obèses rappelle que près de 18% des adultes français sont touchés par l'obésité, une pathologie chronique, souvent sous-estimée, souvent stigmatisée. "Enfin une chance d'égalité thérapeutique", résume l'une des associations citées par France Info.

Pourquoi c'est une bonne nouvelle pour l'officine ? Parce que ces médicaments nécessitent un suivi. Tolérance digestive, observance, adaptation posologique progressive, interactions éventuelles : c'est exactement le terrain des entretiens pharmaceutiques. Même si aucun entretien remunéré spécifique n'existe à ce jour dans la convention nationale pour cette classe, le rôle de conseil et de suivi du pharmacien est central.

L'obésité est une maladie chronique de tissu adipeux, pas un problème de volonté. Ce repositionnement du discours médical est une opportunité pour changer aussi le regard au comptoir. Moins de jugement, plus de protocole.

Les 85 600 boîtes vendues montrent aussi que les prescriptions existent, que les médecins s'approprient ces traitements, et que la demande va croître. Les équipes officinales ont tout intérêt à se former maintenant : mécanisme d'action, effets indésirables fréquents (nausées, vomissements surtout en début de traitement), contre-indications, règles de conservation.

Demain au comptoir : si tu ne l'as pas encore fait, c'est le moment de briefer ton équipe. Les patients vont arriver avec des ordonnances, des questions, des attentes. Être prêt à ce moment, c'est ce qui fait la différence entre délivrer et soigner.

Source : France Info Sante