PhRMA change de patron : Eric Cantor aux commandes du lobby pharma US
Le lobbying pharmaceutique américain s'offre un poids lourd de la politique : Eric Cantor, ex-leader de la majorité républicaine à la Chambre, prend la tête de PhRMA. Un choix stratégique dans un contexte de pression maximale sur les prix des médicaments aux États-Unis. Et ça nous concerne, en France aussi.
PhRMA, le syndicat des laboratoires pharmaceutiques américains, vient de nommer Eric Cantor à sa tête. Si le nom ne te dit rien, retiens juste qu'il a été l'un des hommes les plus puissants du Congrès américain, ex-leader de la majorité républicaine à la Chambre des représentants. Autant dire que PhRMA ne fait pas dans la demi-mesure pour défendre ses intérêts.
Pourquoi ce choix maintenant ? Parce que l'industrie pharma US traverse une période particulièrement tendue. La pression sur les prix des médicaments ne faiblit pas : les négociations menées dans le cadre de l'Inflation Reduction Act ont arraché des baisses de prix sur une dizaine de blockbusters. Les laboratoires ont besoin d'un interlocuteur politique de premier plan pour peser dans les prochaines batailles réglementaires.
Et toi, pharmacien français, en quoi ça te regarde ? Énormément. Les prix négociés aux États-Unis influencent directement les stratégies de lancement mondial des molécules innovantes. Quand un laboratoire voit sa rentabilité américaine rogner, il compense ailleurs, notamment en Europe, via des demandes de prix de lancement plus élevés au CEPS ou en retardant les AMM européennes.
On l'a vu récemment avec plusieurs biothérapies dont les accès européens ont été différés ou négociés à la hausse, en partie pour compenser les pressions US. Le CEPS, qui vient justement de revoir son accord-cadre sur le médicament, va devoir naviguer dans cet environnement de plus en plus complexe.
Concrètement au comptoir : si les tensions US sur les prix s'intensifient sous Cantor, attends-toi à des dossiers d'ATU ou d'accès précoce plus complexes sur les nouveaux médicaments dans les mois à venir. Le lobbying à Washington, c'est ta rupture de stock de demain.
Source : STAT News