PLFSS 2027 : taxer les groupements, c'est taxer les titulaires

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Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 prévoit une taxation des groupements d'officines. Pour l'UPGF, c'est une mesure qui pénalise directement les pharmaciens indépendants qui en sont membres, sans résoudre aucun problème structurel.

Contexte

Le PLFSS 2027, présenté en conseil des ministres début octobre 2026, contient une disposition qui cible les groupements pharmaceutiques. Ces structures, qui regroupent des officines indépendantes pour mutualiser leurs achats, leur logistique et leurs services, sont le principal levier de compétitivité des titulaires face à la grande distribution parapharmaceutique et aux chaînes de santé. L'UPGF, syndicat des pharmaciens d'officine membres de groupements, a publié le 9 octobre 2026 une prise de position critique, estimant que cette taxation revient à pénaliser les pharmaciens eux-mêmes, qui sont les vrais bénéficiaires des services mutualisés. Le contexte est celui d'un réseau officinal sous pression économique : 19 274 officines en activité en France selon IQVIA Pharmastat (juin 2026), avec des marges sur médicaments remboursés structurellement comprimées par la MDL et la politique tarifaire de l'Assurance maladie. Dans ce cadre, les remises obtenues via les groupements constituent souvent la principale variable d'ajustement de la rentabilité d'une officine.

Analyse business

Le mécanisme dénoncé par l'UPGF mérite d'être décrypté. Les groupements pharmaceutiques ne sont pas des enseignes intégrées : ils n'emploient pas les pharmaciens, ne détiennent pas les officines, et ne perçoivent pas directement les honoraires de dispensation. Leur modèle repose sur la négociation de conditions d'achat auprès des laboratoires et des répartiteurs, puis la redistribution de ces avantages aux officines membres sous forme de remises, ristournes ou services mutualisés (formation, outils informatiques, merchandising OTC, etc.).

Taxer les groupements revient donc à taxer un flux financier qui, in fine, atterrit dans la trésorerie du titulaire. L'UPGF souligne que cette mesure pénalise les pharmaciens indépendants qui ont fait le choix d'un groupement comme outil de gestion, sans remettre en cause leur indépendance. Les sources disponibles ne précisent pas le taux ni l'assiette exacte de la taxe envisagée : il serait imprudent de chiffrer un impact par officine sans ces paramètres.

Ce que l'on sait en revanche, c'est que la part OTC et parapharmacie, sur laquelle les groupements jouent le plus fort en termes de remises et de politique commerciale, représente un levier croissant de rentabilité alors que la marge sur médicaments remboursés reste administrée. Toute ponction sur ce flux fragilise donc prioritairement les petites et moyennes officines qui dépendent le plus de la mutualisation.

Sur le plan syndical, l'UPGF est le seul syndicat à s'être exprimé publiquement et explicitement contre cette disposition à ce stade. La FSPF a ouvert une série de communications sur les négociations conventionnelles globales (vidéo publiée le 9 octobre 2026) mais sans se prononcer spécifiquement sur la taxation des groupements dans le PLFSS. L'USPO n'a pas publié de position publique identifiable sur ce point à la date de rédaction de cet article. Ces silences ne valent pas accord : ils reflètent des calendriers de communication différents, et Pharm'Actus ne leur prête aucune position qu'ils n'ont pas exprimée.

Recommandations actionnables

1. Identifier ta dépendance groupement. Calcule quelle part de ta marge brute provient des conditions d'achat négociées via ton groupement. Si cette part est significative, l'impact d'une taxation indirecte doit entrer dans ta réflexion budgétaire 2027 : le détail chiffré dépend du volume et du profil de chaque officine. 2. Suivre le texte article par article. Le PLFSS est amendé en continu entre octobre et décembre. La disposition ciblant les groupements peut être modifiée, supprimée ou renforcée. Abonne-toi aux alertes LegiRSS Pharmacie et aux bulletins syndicaux pour suivre l'évolution du texte en temps réel. 3. Prendre contact avec ton groupement. Ton groupement dispose probablement d'une analyse juridique et financière de la mesure. Demande-lui une projection chiffrée sur ta situation spécifique avant de tirer des conclusions. 4. Participer aux consultations syndicales. Que tu sois adhérent UPGF, FSPF ou USPO, les syndicats ont besoin de remontées terrain pour peser dans les discussions parlementaires. Un pharmacien qui témoigne vaut plus qu'un communiqué.

Sources citées