Le saviez-vous ? La première anesthésie a failli tourner au carnage public

16 octobre 1846, Boston : un dentiste s'apprête à endormir un patient devant 200 chirurgiens sceptiques. L'enjeu ? Révolutionner la chirurgie ou finir en prison pour homicide.

Imagine la scène : amphithéâtre bondé du Massachusetts General Hospital, 200 chirurgiens au coude à coude, tous venus assister à ce qu'ils appellent déjà « la fumisterie du siècle ». William Morton, dentiste de 27 ans, s'avance avec son inhalateur bricolé et son éther sulfurique.

Le patient, Gilbert Abbott, doit se faire retirer une tumeur au cou. Sans anesthésie, c'est l'agonie assurée. Avec l'éther de Morton, c'est peut-être la mort. Les chirurgiens ricanent : « Si ça foire, on aura un cadavre sur les bras et ce charlatan au tribunal. »

Morton fait inhaler ses vapeurs à Abbott. Dix minutes d'attente insoutenable. Le patient s'effondre, inconscient. Mort ou endormi ? John Warren, le chirurgien-chef, commence à opérer. Première incision : Abbott ne bronche pas. Deuxième, troisième coup de scalpel : toujours rien.

Plot twist hallucinant : Abbott se réveille en pleine opération ! Mais au lieu de hurler, il déclare calmement n'avoir « rien ressenti du tout ». Warren se tourne vers l'amphithéâtre médusé et lance cette phrase historique : « Messieurs, ce n'est pas de la fumisterie ! »

Cette démonstration révolutionne la médecine en une matinée. Fini les patients qui mordent des balles en bois, fini les amputations à la va-vite avec quatre gaillards pour maintenir le malheureux.

Aujourd'hui, quand tu vois passer une ordonnance d'antalgiques post-opératoires, pense à ce dentiste audacieux qui a permis que « chirurgie » ne rime plus avec « torture ».

Source : Pharm'Alpha