Le saviez-vous ? La cocaïne était le premier anesthésique local

En 1884, un jeune ophtalmologue autrichien révolutionne la chirurgie avec une poudre blanche extraite des feuilles de coca. Mais cette découverte miraculeuse cache un piège redoutable.

Imagine un peu la scène : nous sommes à Vienne en 1884, et Carl Koller, 27 ans, ophtalmologue débutant, cherche désespérément un moyen d'endormir l'œil avant une opération. Jusqu'alors, c'était l'horreur absolue pour les patients.

Son ami Sigmund Freud (eh oui, THE Freud !) lui refile quelques grammes de cocaïne qu'il étudie pour ses propriétés antidépressives. Koller a l'idée géniale de tester cette poudre sur... sa propre langue. Résultat : engourdissement total !

Le 15 septembre 1884, il réalise la première opération de la cataracte sous anesthésie locale à la cocaïne. Le patient ne sent rien, Koller devient une star mondiale du jour au lendemain. Les chirurgiens du monde entier se ruent sur cette "poudre miracle".

Mais plot twist : rapidement, les médecins réalisent que leurs patients deviennent... accros. Certains chirurgiens aussi d'ailleurs ! William Halsted, pionnier de la chirurgie américaine, développe une dépendance si sévère qu'il doit être interné.

En 1905, Alfred Einhorn sauve la mise en inventant la procaïne (Novocaïne), première alternative non addictive. Exit la cocaïne des cabinets médicaux !

Aujourd'hui, quand tu vois passer une ordonnance avec de la lidocaïne ou de l'articaïne chez le dentiste, dis-toi que tout a commencé avec cette découverte à la fois géniale et dangereuse.

Source : Pharm'Alpha