Le saviez-vous ? La première greffe de visage a duré 15 heures
En 2005, une femme défigurée par son chien reçoit le premier visage greffé au monde. Une prouesse technique qui révolutionne la chirurgie reconstructrice mais soulève des questions éthiques inédites.
Imagine recevoir le visage d'une autre personne. C'était impensable jusqu'au 27 novembre 2005, quand Isabelle Dinoire devient la première greffée de la face au monde.
Tout commence tragiquement : cette Française de 38 ans est défigurée par son chien après avoir perdu connaissance sous médicaments. Nez, lèvres, menton... la moitié de son visage a disparu. Les chirurgiens plasticiens sont impuissants.
Le professeur Devauchelle à Amiens tente l'impossible : greffer le visage d'une donneuse en état de mort cérébrale. Quinze heures d'opération, deux équipes chirurgicales, des milliers de sutures microscopiques. Le défi technique est titanesque.
Mais voici le twist : contrairement aux autres greffes, celle-ci pose un problème identitaire unique. Isabelle ne ressemble ni à elle-même, ni à la donneuse. Elle devient quelqu'un de nouveau, entre deux identités. Les psychiatres découvrent un territoire inconnu.
L'opération réussit. Isabelle retrouve sourire, parole et goût. Mais elle développe deux cancers liés aux anti-rejet et meurt en 2016. Success story ou échec ? Le débat divise encore.
Depuis, une quarantaine de greffes faciales ont eu lieu dans le monde. Aujourd'hui, on maîtrise mieux les protocoles immunosuppresseurs, et cette chirurgie extrême redonne espoir aux grands brûlés que tu croises parfois au comptoir.
Source : Pharm'Alpha