Le saviez-vous ? Le premier antidépresseur était un médicament contre la tuberculose
En 1952, des médecins new-yorkais remarquent que leurs patients tuberculeux dansent dans les couloirs de l'hôpital. Ils venaient de découvrir par hasard le premier antidépresseur de l'histoire.
1952, hôpital Sea View à New York. Les médecins Irving Selikoff et Edward Robitzek testent un nouveau traitement contre la tuberculose : l'iproniazide. Problème : leurs patients censés être en fin de vie se mettent à danser, chanter et faire la fête dans les couloirs !
Les infirmières sont perplexes. Ces malades, habituellement prostrés et déprimés par leur maladie mortelle, débordent soudain de joie et d'énergie. Certains organisent même des soirées dansantes improvisées dans les salles communes.
Selikoff comprend vite que ce n'est pas normal. Il contacte son ami psychiatre Nathan Kline pour lui parler de ces effets bizarres. Kline a une intuition géniale : "Et si on testait ce truc sur des patients dépressifs ?"
En 1957, les premiers essais sur des dépressifs sont spectaculaires. L'iproniazide devient le premier antidépresseur commercialisé sous le nom de Marsilid. Une révolution : avant ça, on traitait la dépression avec des électrochocs ou des lobotomies.
Le hic ? On découvre rapidement que l'iproniazide peut provoquer des hépatites mortelles. Il sera retiré du marché, mais il aura ouvert la voie à toute une famille d'antidépresseurs : les IMAO (inhibiteurs de la monoamine oxydase).
Aujourd'hui, quand tu délivres un Deroxat ou un Seropram au comptoir, tu peux remercier ces tuberculeux danseurs qui ont révélé par accident qu'on pouvait soigner la dépression avec une molécule.
Source : Pharm'Alpha