Le saviez-vous ? On traitait la folie avec des bains de 12 heures

Au XIXe siècle, les psychiatres croyaient guérir la folie avec de l'eau chaude. Pas une douche. Une immersion forcée de plusieurs heures. Et le pire ? Ça marchait... selon eux.

En 1850, si tu débarquais à l'asile de Charenton avec des hallucinations, on ne t'injectait rien. On te plongeait dans une baignoire.

La méthode s'appelait l'hydrothérapie psychiatrique. Pas un bain relaxant aux huiles essentielles, non. Une immersion continue, parfois 12 heures d'affilée, dans de l'eau maintenue entre 33 et 37°C, le patient attaché sous une toile tendue pour l'empêcher de se noyer. Certains établissements ajoutaient des douches froides en rafale pour « choquer » le système nerveux. Ambiance.

L'idée venait d'un médecin autrichien, Wilhelm Reil, qui théorisait dès 1803 que la chaleur de l'eau régularisait les « fluides nerveux » perturbés. En France, le docteur François Leuret en fit une arme centrale de son arsenal thérapeutique à Bicêtre dans les années 1840. Il notait scrupuleusement dans ses cahiers que les patients « s'apaisaient ». Ce qu'il ne notait pas : ils s'apaisaient parce qu'ils étaient épuisés.

Le twist fascinant ? Des études récentes ont montré que l'immersion prolongée en eau chaude a de vrais effets sur le système nerveux autonome — réduction du cortisol, ralentissement du rythme cardiaque, baisse de l'anxiété. Les psychiatres du XIXe avaient peut-être touché quelque chose sans comprendre pourquoi ça fonctionnait.

Aujourd'hui, des protocoles de balnéothérapie sont utilisés dans certains services de psychiatrie pour les états agités sévères, sous surveillance médicale stricte. Évidemment, sans les attaches et sans les 12 heures. La méthode a survécu, mais l'humanité a rattrapé la science.

Et la prochaine fois qu'un patient te demande si son bain chaud peut l'aider contre l'anxiété... dis-lui qu'il n'a pas complètement tort. Juste qu'on a arrêté de l'attacher.

Source : Pharm'Alpha