Le saviez-vous ? On soignait la dépression avec de l'électricité... dans le salon
Avant les antidépresseurs, les médecins branchaient leurs patients sur du courant électrique à domicile. C'était chic, tendance, et complètement non régulé. Et le pire ? Ça marchait peut-être un peu.
On est en 1855. Un médecin britannique sonne à ta porte avec une mallette en cuir. Dedans : une pile galvanique, des électrodes en laiton, et un mode d'emploi flou. Il est là pour traiter ta mélancolie.
L'électrothérapie, ou galvanisme médical, explose dans les salons européens à partir du milieu du XIXe siècle. Guillaume Duchenne de Boulogne, neurologue français, est l'un des premiers à systématiser la chose : il cartographie les muscles faciaux en les stimulant avec des électrodes. Ses photos de visages tordus par le courant sont passées à la postérité. Mais derrière le côté cabinet des horreurs, il y a une vraie intuition scientifique.
Le twist ? Ces appareils d'électrothérapie sont rapidement vendus en pharmacie et par correspondance. N'importe qui peut s'acheter une « pile médicale » pour traiter la neurasthénie, l'hystérie, la migraine, les rhumatismes... et même l'impuissance. Les notices promettent monts et merveilles. Zéro contrôle, zéro dosage, zéro protocole.
Dans les années 1900, des dizaines de modèles sont commercialisés. Certains ressemblent à des instruments de torture, d'autres ont l'air de gadgets de salon. Les femmes de la bourgeoisie s'électrisent en buvant leur thé. C'est le soin du moment.
La FDA américaine commence à encadrer tout ça dans les années 1970, quand l'électroconvulsivothérapie (ECT) est elle aussi dans le viseur. Mais l'ECT, elle, a prouvé son efficacité dans les dépressions sévères résistantes. Elle est toujours pratiquée aujourd'hui, dans un cadre très strict, avec anesthésie générale.
Au comptoir, quand un patient te demande si les dispositifs de neurostimulation vendus en para-pharmacie « valent quelque chose », tu peux lui raconter ça. L'électricité en médecine, c'est une vraie histoire sérieuse - à condition de ne pas se brancher n'importe comment.
Source : Pharm'Alpha