Le saviez-vous ? On croyait que le cerveau servait à refroidir le sang
Pendant des siècles, le cerveau était considéré comme un simple radiateur biologique. Ce sont les intestins et le cœur qui pensaient, selon les meilleurs médecins de l'Antiquité. Hippocrate lui-même s'est trompé sur toute la ligne.
Pendant près de 2 000 ans, le cerveau a eu le rôle le plus ingrat de tout le corps humain.
On lui attribuait une seule fonction : refroidir le sang surchauffé par le cœur. Un radiateur en gras. Voilà tout. Aristote, vers 350 avant J.-C., en était convaincu. Pour lui, le siège de l'intelligence et des émotions, c'était le cœur. Les Égyptiens, eux, le vidaient carrément lors des embaumements. Le cœur ? Conservé précieusement dans un canope. Le cerveau ? Retiré par le nez avec un crochet et jeté. Littéralement à la poubelle.
Le twist, il est là : c'est Hippocrate, le père de la médecine, qui a eu l'intuition inverse. Vers 400 avant J.-C., il écrit que le cerveau est l'organe des sensations et de l'intelligence. Il avait raison. Mais personne ne l'a vraiment écouté. Aristote, plus populaire, plus influent, a enterré cette idée pour des siècles.
Il faudra attendre le XVIIe siècle et Thomas Willis, médecin anglais, pour que les choses bougent vraiment. En 1664, il publie son « Cerebri Anatome », la première cartographie sérieuse du cerveau humain. Il décrit les lobes, les nerfs, le polygone artériel qui porte encore son nom aujourd'hui : le polygone de Willis. C'est lui qui remet le cerveau à sa vraie place, pour de bon.
Mais la bataille n'est pas finie. Encore au XVIIIe siècle, des médecins localisaient la mémoire dans le ventre et le courage dans le foie. L'organe qu'on avait pris pour un vulgaire système de climatisation allait pourtant révolutionner la médecine.
Aujourd'hui, au comptoir, quand tu expliques un mécanisme d'action central, un antidépresseur ou un antiépileptique, tu es l'héritier direct de Willis. Pense-y la prochaine fois qu'un patient te demande « mais comment ça marche dans la tête ? » - on a mis 2 000 ans à pouvoir lui répondre.
Source : Pharm'Alpha