Le saviez-vous ? La première banque du sang a ouvert dans un garage de Chicago
En 1937, un médecin américain a eu l'idée folle de stocker du sang humain comme on stocke des conserves. Avant lui, transfuser quelqu'un, c'était trouver un donneur en urgence et piquer directement dans son bras. Ce type a changé la médecine mondiale depuis un sous-sol d'hôpital.
On est en 1937. Un patient arrive aux urgences en hémorragie. Il faut le transfuser. Immédiatement. Sauf que dans les années 30, 'transfuser' veut dire : trouver un donneur compatible là, maintenant, tout de suite, lui planter une aiguille dans le bras, et faire passer le sang directement d'une veine à l'autre. Pas de stock. Pas de réserve. Zéro.
Bernard Fantus, médecin d'origine hongroise installé à Chicago, trouve ça complètement absurde. Si on peut conserver des légumes en boîte, pourquoi pas du sang dans des flacons ? Il s'installe dans le sous-sol du Cook County Hospital, bricoleur et visionnaire, et crée le premier dépôt de sang conservé au monde. Il l'appelle lui-même une 'blood bank'. Une banque du sang. Le terme qu'on utilise encore aujourd'hui.
Le twist ? Au départ, personne ne le prend au sérieux. Ses collègues rigolent. Du sang dans des frigos, à côté des sandwichs des infirmières ? Grotesque. Et pourtant, dès 1937, il conserve du sang jusqu'à 10 jours grâce à une solution citrée anticoagulante. C'est rudimentaire, mais ça marche.
Trois ans plus tard, la Seconde Guerre mondiale éclate. Les armées alliées s'inspirent directement du modèle de Fantus pour organiser des collectes massives. Des millions de soldats doivent leur vie à ce médecin que personne ne connaît.
Aujourd'hui, les banques du sang ont évolué en EFS - Établissement Français du Sang - avec des règles de conservation ultra-précises selon les composants : 42 jours pour les globules rouges à 4°C, 7 jours pour les plaquettes à 22°C sous agitation constante. La prochaine fois qu'un patient te demande pourquoi on ne peut pas 'juste stocker du sang pour tout le monde', tu peux lui répondre : on y travaille depuis 1937, et c'est déjà un sacré exploit.
Source : Pharm'Alpha