Le saviez-vous ? La vitamine C a été découverte grâce à des cobayes chanceux

Pendant des siècles, le scorbut tuait en silence sans que personne ne comprenne pourquoi. La réponse était dans l'assiette. Et c'est un médecin de marine obsessionnel, quelques citrons et des cobayes qui ont tout changé.

En 1747, un chirurgien de la Royal Navy du nom de James Lind embarque sur le HMS Salisbury avec une idée fixe : comprendre pourquoi ses marins meurent à vue d'œil, les gencives en sang, les dents qui tombent, les jambes qui lâchent.

Il mène ce qu'on considère aujourd'hui comme l'un des tout premiers essais cliniques contrôlés de l'histoire. Douze marins atteints de scorbut, répartis en six groupes. Chaque groupe reçoit un traitement différent : vinaigre, eau de mer, cidre, ail, élixir de sulfate... et pour les deux chanceux du dernier groupe, des oranges et des citrons.

Résultat en six jours : les deux gars aux agrumes sont debout et prêts à reprendre le travail. Les autres continuent à se décomposer lentement. Lind a trouvé la solution - mais il ne sait pas encore pourquoi ça marche.

Le twist ? Il faudra attendre 1932, soit près de deux siècles, pour qu'Albert Szent-Györgyi isole enfin la molécule responsable : l'acide ascorbique, que le biochimiste américain Charles Glen King baptise vitamine C. Et le cobaye dans tout ça ? C'est le seul mammifère courant, avec le cochon d'Inde et quelques primates, qui ne fabrique pas lui-même sa vitamine C. Ce qui en fait l'animal de labo parfait pour étudier le scorbut. Sans lui, la découverte aurait encore traîné.

Ce qui est dingue, c'est qu'on avait la réponse empirique depuis Lind, mais sans la comprendre. Pendant 185 ans, des marins sont morts alors que la solution coûtait trois sous le filet.

Aujourd'hui, au comptoir, quand tu conseilles de la vitamine C en hiver ou pour une convalescence, rappelle-toi que derrière ce comprimé effervescent banal se cache deux siècles de tâtonnements, quelques citrons et un cobaye qui mérite bien sa médaille.

Source : Pharm'Alpha