Le saviez-vous ? Le premier hôpital psychiatrique enfermait les fous... pour les montrer
Au XVe siècle, Bedlam à Londres n'était pas vraiment un lieu de soin. C'était une attraction payante. Les Londoniens venaient le dimanche regarder les malades mentaux comme on visite un zoo. Et le pire ? C'était considéré comme un progrès.
Accroche-toi bien, parce que celle-là va te retourner l'estomac.
Bethlem Royal Hospital - surnommé « Bedlam » - ouvre ses portes à Londres en 1247. C'est officiellement le premier établissement spécialisé dans les maladies mentales d'Europe. Une révolution, en théorie. Parce qu'avant ça, les fous finissaient à la rue, en prison, ou brûlés comme sorciers. Là au moins, on les regroupe, on leur donne un toit. Progrès indéniable.
Sauf que le financement posait un léger problème. Alors les gestionnaires ont eu une idée lumineuse : ouvrir les portes au public. Contre quelques pennies, n'importe quel Londonien pouvait entrer et observer les patients. Les agités, les mélancoliques, les délirants. On se promenait dans les couloirs comme dans une galerie d'art. Les dimanches étaient les plus fréquentés - sortie en famille, détente garantie.
Le twist ? En 1700, Bedlam accueillait environ 96 000 visiteurs payants par an. Soit autant que la Tour de Londres. Les patients les plus « spectaculaires » étaient placés dans les couloirs d'entrée pour maximiser le show. Certains visiteurs apportaient des bâtons pour provoquer les réactions.
Ce n'est qu'en 1770 qu'un médecin, Thomas Monro, commence à restreindre les visites. Et c'est en 1815 seulement que l'accès public est définitivement interdit, après un rapport parlementaire qui décrit des conditions d'une violence absolue - patients enchaînés, malnutris, livrés à eux-mêmes.
Bedlam a quand même donné un mot à la langue anglaise : « bedlam » signifie encore aujourd'hui « chaos total ».
Ça rappelle que la psychiatrie a mis des siècles à devenir une discipline médicale à part entière. Aujourd'hui, quand un patient arrive au comptoir avec une ordonnance d'antidépresseurs et qu'il chuchote sa demande, pense à ce chemin parcouru - et à l'importance de cette discrétion qu'on lui offre naturellement.
Source : Pharm'Alpha