Le saviez-vous ? On guérissait l'acné avec des rayons X dans les années 30
Dans les années 1920-1950, les dermatologues irradiaient la peau des adolescents pour effacer leurs boutons. Pas une légende urbaine : une pratique médicale reconnue, remboursée, et considérée comme un progrès. Le prix à payer, on le découvrira des décennies plus tard.
Imagine te présenter chez le dermato pour quelques boutons, et repartir avec une séance de rayons X sur le visage. C'est exactement ce qui se passait aux États-Unis et en Europe entre les années 1920 et le milieu des années 1950.
La technique s'appelait la "roentgen therapy" - du nom de Wilhelm Röntgen, le découvreur des rayons X en 1895. Les médecins avaient remarqué un truc : les rayonnements réduisaient l'activité des glandes sébacées. Résultat, moins de sébum, moins d'acné. Logique, non ?
Sauf que personne ne mesurait vraiment les doses. Les appareils étaient calibrés à l'œil, les protocoles variaient d'un cabinet à l'autre, et les patients revenaient parfois toutes les semaines. Des adolescents de 14, 15 ans encaissaient des dizaines de séances sur le visage et le cou, sans aucune protection pour le reste du corps.
Le twist ? Ces mêmes patients ont commencé à développer des cancers de la thyroïde et des tumeurs cutanées... 20 ou 30 ans plus tard. En 1970, une étude américaine a établi le lien. Des milliers de personnes irradiées pour de l'acné dans leur jeunesse portaient un risque carcinologique multiplié par 4 à 8.
La pratique a officiellement disparu dans les années 1960 aux États-Unis, un peu plus tôt en Europe. Mais certains cabinets moins regardants ont continué discrètement jusqu'au début des années 70.
Aujourd'hui, quand un patient te ramène une ordonnance d'isotrétinoïne et te parle des effets secondaires du Roaccutane, tu peux relativiser : oui, le suivi est contraignant, la surveillance biologique aussi. Mais on est quand même loin de balancer des rayons X sur le visage d'un gamin de 15 ans. Le progrès, parfois, c'est juste d'arrêter de faire des choses franchement dangereuses.
Source : Pharm'Alpha