Le saviez-vous ? On traitait l'hystérie féminine avec un vibromasseur médical
Au XIXe siècle, des milliers de femmes consultaient leur médecin pour 'hystérie'. Le traitement prescrit ? Un massage pelvien manuel, pratiqué au cabinet. Et c'est pour soulager les médecins de cette corvée qu'est né l'un des appareils les plus répandus au monde.
En 1880, l'hystérie féminine est le diagnostic le plus posé en Europe et aux États-Unis. Irritabilité, anxiété, insomnies, sautes d'humeur : tout ça, c'était de l'hystérie. Et le traitement officiel, validé par la médecine académique, c'était le 'massage pelvien' pratiqué par le médecin lui-même, jusqu'à obtenir ce qu'on appelait pudiquement une 'crise hystérique libératrice'.
Le problème ? Ce soin était épuisant pour les praticiens. Des gynécologues comme le Britannique Joseph Mortimer Granville se plaignaient d'y passer des heures, plusieurs fois par semaine. Les mains se fatiguaient. Les emplois du temps débordaient. C'était, paraît-il, 'un travail de forgeron'.
Alors en 1883, Granville brevète son invention : un appareil électromécanique à vapeur, destiné à automatiser ce massage thérapeutique. Le premier vibromasseur médical de l'histoire. Il est vendu dans les catalogues de matériel médical, côte à côte avec les stéthoscopes et les lancettes. Aucun sous-entendu. C'est de la médecine sérieuse.
Le twist ? Granville lui-même précisait dans ses écrits que l'engin était destiné aux muscles, et surtout PAS aux usages que ses collègues en faisaient. Il était, semble-t-il, le seul à trouver ça gênant.
L'hystérie disparaît des classifications médicales officielles en 1952 avec le premier DSM américain. Mais les appareils, eux, continuent leur carrière sous d'autres noms et d'autres rayons.
Aujourd'hui, ce qui nous frappe dans cette histoire, c'est surtout ça : pendant des décennies, une souffrance réelle de patientes a été réduite à un diagnostic fourre-tout, soignée par une procédure jamais questionnée. Un rappel utile, au comptoir comme en consultation, que le regard médical sur les femmes et leurs symptômes a mis très longtemps à se corriger - et qu'on doit rester vigilants.
Source : Pharm'Alpha