Le saviez-vous ? On traitait les brûlures graves avec du miel depuis 4 000 ans
Bien avant les pansements hydrocolloïdes et la bétadine, les médecins égyptiens tartinaient les plaies de miel. Et ce n'était pas de la superstition. C'était de la biochimie sans le savoir.
Ça paraît folklorique au premier coup d'œil. Et pourtant, c'est l'une des plus vieilles preuves médicales écrites de l'histoire.
En Égypte ancienne, vers 1550 avant J.-C., le papyrus Ebers - l'un des plus anciens traités médicaux jamais retrouvés - décrit déjà l'application de miel sur les plaies infectées. Les médecins égyptiens l'associaient à de la graisse et à des fibres de lin. Autrement dit : le premier pansement occlusif de l'histoire.
Le twist ? Pendant des siècles, la médecine occidentale a jeté cette pratique aux oubliettes. Trop primitif. Trop empirique. Quand les antibiotiques sont arrivés dans les années 40, on a cru avoir définitivement tourné la page. Rideau, le miel.
Sauf que. Dans les années 1980, un chercheur néo-zélandais nommé Peter Molan commence à étudier sérieusement le miel de Manuka. Ce qu'il découvre est bluffant : le miel possède une activité antibactérienne puissante, liée à sa forte concentration en peroxyde d'hydrogène, à son pH acide, et à une molécule unique, le méthylglyoxal - le MGO qu'on lit aujourd'hui sur toutes les boîtes. Ce composé détruit les biofilms bactériens, y compris ceux de Staphylococcus aureus résistant à la méticilline. Du SARM. Le cauchemar des infections hospitalières.
En 2007, le premier pansement au miel de Manuka obtient son marquage CE en Europe. Aujourd'hui, ces pansements sont utilisés en dermatologie, en cicatrisation des plaies chroniques, en chirurgie reconstructrice. Certains CHU les prescrivent couramment.
Quatre mille ans d'histoire pour revenir au point de départ. Au comptoir, quand un patient te parle du miel de Manuka en te regardant avec des yeux sceptiques, tu peux lui dire que les Égyptiens avaient une longueur d'avance sur nous. Et que pour une fois, la science leur a donné raison.
Source : Pharm'Alpha