Le saviez-vous ? On soignait la scarlatine avec de la peau de serpent vivant

Au XVIIIe siècle, la scarlatine tuait des milliers d'enfants par an. Le remède officiel ? Enrouler le petit malade dans une peau de serpent fraîchement dépiautée. Et le plus fou, c'est que certains médecins juraient que ça marchait.

La scarlatine, c'était un tueur d'enfants redouté. Au XVIIIe siècle, une épidémie à Londres en 1740 emporte des milliers de gamins en quelques semaines. Les médecins sont dépassés. Et comme souvent quand on ne comprend rien, on improvise.

La théorie dominante à l'époque, c'est celle des miasmes. La maladie vient d'un air corrompu, d'un déséquilibre des humeurs. Le feu intérieur brûle le malade - il faut donc attirer ce feu vers la surface. Logique imparable, non ?

Entre alors la peau de serpent. Fraîchement récupérée sur un serpent encore chaud - reptile = sang froid = pouvoir d'absorber la chaleur - on l'applique directement sur la poitrine et le ventre de l'enfant. Certains praticiens l'enroulaient carrément autour du torse. D'autres recommandaient d'en frotter la peau écarlate pour faire « descendre » la fièvre.

Voilà le twist : des guérisons étaient bel et bien rapportées. Explication ? La scarlatine est une maladie cyclique. Elle dure 5 à 7 jours, puis elle régresse souvent d'elle-même chez les enfants robustes. N'importe quel remède appliqué au bon moment semblait donc miraculeux. La peau de serpent avait un timing parfait.

Ce n'est qu'en 1874 que le microbiologiste allemand Friedrich Fehleisen identifie le streptocoque bêta-hémolytique du groupe A comme responsable. Et il faudra attendre la pénicilline, dans les années 40, pour vraiment stopper la bête. Avant ça, entre 1 et 3 % des enfants infectés mouraient - et les complications rhumatismales cardiaques pouvaient handicaper à vie.

Aujourd'hui, un simple Amoxicilline 10 jours et c'est réglé. Quand un parent arrive au comptoir affolé avec une ordonnance pour scarlatine, rappelle-toi que pendant deux siècles, le traitement standard impliquait un serpent. L'antibiothérapie, c'est vraiment pas rien.

Source : Pharm'Alpha