Le saviez-vous ? On traitait les insomniaques en les suspendant la tête en bas

Avant les somnifères, les médecins avaient des idées... radicales. Au XVIIIe siècle, l'insomnie était une affaire de circulation sanguine, et la solution tenait plus du sport de combat que de la médecine douce. Accroche-toi bien.

L'insomnie a toujours rendu les médecins créatifs. Parfois trop.

Au XVIIIe siècle, la théorie dominante est simple : si tu ne dors pas, c'est que le sang stagne dans le cerveau. Trop de sang en haut, trop peu en bas. Logique, non ? La solution, elle aussi, est implacable : inverser la circulation. On installe donc le patient sur une planche articulée, on l'attache solidement, et on le bascule tête en bas. Parfois pendant des heures. Le tout dans un silence studieux, le médecin prenant des notes.

Cette pratique s'appelait l'inversion thérapeutique, et elle était parfaitement sérieuse. Des hôpitaux parisiens et londoniens l'utilisaient encore au début du XIXe siècle. Certains patients témoignaient qu'ils s'endormaient effectivement... d'épuisement et de vertige, on s'en doute.

Le twist ? Cette approche n'était pas totalement absurde. La position inversée modifie réellement la pression artérielle cérébrale. Aujourd'hui, les tables d'inversion existent encore, vendues comme accessoire de bien-être ou de décompression vertébrale. Sauf qu'on ne prétend plus guérir l'insomnie avec.

Pendant la même époque, d'autres remèdes circulaient : frotter les pieds avec du saindoux chaud, avaler de l'opium dilué dans du vin, ou encore dormir avec un chat vivant sur la tête - censé absorber les « vapeurs mauvaises ». La concurrence était rude.

Aujourd'hui, face à un patient insomnique au comptoir, tu penses mélatonine, phytothérapie, règles hygiéno-diététiques. Mais rappelle-toi : il y a deux siècles, ton ancêtre pharmacien lui vendait peut-être une planche à bascule. La médecine du sommeil a fait du chemin... et on n'est pas encore au bout.

Source : Pharm'Alpha