Le saviez-vous ? On traitait les calculs vésicaux en buvant de l'huile de scorpion

Pendant des siècles, la lithiase urinaire était une condamnation à mort déguisée en diagnostic. Les remèdes proposés étaient parfois plus terrifiants que la maladie elle-même. Et pourtant, un chirurgien du XVIe siècle a tout changé avec une lame et un courage insensé.

Imagine : tu as un calcul vésical gros comme une noix. On est en 1520. Ton médecin te prescrit de l'huile de scorpion bouillie, de la cendre de lièvre brûlé et un bouillon d'escargots. Pendant trois semaines. Résultat : le calcul est toujours là. Et toi, tu vas beaucoup moins bien.

Les calculs urinaires hantaient l'humanité depuis l'Antiquité. On en a retrouvé dans des momies égyptiennes vieilles de 7 000 ans. Hippocrate lui-même en parlait, et jurait ses étudiants de ne JAMAIS tenter de les retirer chirurgicalement. Ce serment a bloqué la médecine pendant vingt siècles. Vingt siècles de tisanes inutiles et de prières.

Le twist arrive au XVIe siècle avec Pierre Franco, un chirurgien français autodidacte, fils de paysan, méprisé par la faculté. En 1561, à Lausanne, il tente l'impossible : ouvrir le ventre d'un nourrisson pour extraire un calcul vésical de la taille d'un œuf. Sans anesthésie, sans antisepsie, avec un bistouri artisanal. L'enfant survit. C'est la première taille hypogastrique réussie de l'histoire.

Mais voilà le détail qui tue : Franco était barbier-chirurgien, pas médecin. Il n'avait pas le droit légal d'opérer. L'établissement médical de l'époque a tenté de le faire interdire d'exercer. Son seul crime ? Avoir sauvé une vie que les docteurs diplômés condamnaient.

Cette technique chirurgicale qu'il a posée a directement inspiré la lithotomie périnéale, pratiquée pendant encore trois siècles. Et aujourd'hui, quand un patient revient avec une ordonnance pour un alpha-bloquant après colique néphrétique, ou qu'on lui parle de lithotripsie par ondes de choc, c'est cette même obsession de débarrasser l'organisme de ses calculs qui continue. Quatre millénaires plus tard, on cherche encore la même chose. On s'y prend juste un peu mieux qu'avec l'huile de scorpion.

Source : Pharm'Alpha