Le saviez-vous ? On soignait la pneumonie en appliquant des ventouses brûlantes

Pendant des siècles, la pneumonie était un arrêt de mort. La médecine de l'époque répondait avec du feu, littéralement. Et le pire, c'est que les patients y croyaient dur comme fer.

En 1850, attraper une pneumonie, c'était jouer à la roulette russe. Fièvre à 40°C, poumons qui se noient, teint grisâtre. Pas d'antibiotiques, bien sûr. Mais les médecins avaient une réponse. Une réponse en verre et en flammes.

La ventouse, c'est un petit globe en verre qu'on chauffe à l'intérieur avec une flamme, puis qu'on applique directement sur la peau du dos. En refroidissant, il crée une dépression. La peau se soulève, rosit, vire au violet. Et voilà, le mal était supposé être aspiré hors du corps. Élégant, non ?

Le twist, c'est que cette pratique ne date pas du Moyen Âge poussiéreux. Elle était encore recommandée dans des traités médicaux sérieux en France jusqu'à la fin du XIXe siècle. Le Dr Armand Trousseau, ponte de la médecine parisienne, prescrivait les ventouses à l'Hôtel-Dieu dans les années 1860 comme on prescrit aujourd'hui de l'amoxicilline. Avec la même conviction absolue.

Ce qui fascinait les médecins de l'époque, c'est la rougeur spectaculaire laissée sur la peau. Pour eux, ça prouvait que l'inflammation remontait à la surface. Logique selon la théorie des humeurs : déplacer le mal vers l'extérieur. Sauf que la pneumonie, elle, continuait son bonhomme de chemin au fond des alvéoles, complètement indifférente au spectacle.

La vraie révolution n'est arrivée qu'en 1942, quand la pénicilline a été utilisée en masse pour traiter les pneumonies bactériennes. En quelques années, une maladie qui tuait 30 % des patients hospitalisés est devenue traitable en une semaine. Les ventouses ont rejoint le musée.

Aujourd'hui, quand tu délivres une amoxicilline pour une pneumopathie, souviens-toi : pendant des siècles, le meilleur traitement qu'on pouvait proposer à ce même patient, c'était une cloche de verre chauffée au feu. Le comptoir n'a jamais été aussi précieux.

Source : Pharm'Alpha