Le saviez-vous ? On guérissait les brûlures d'estomac avec de la craie mâchée
Avant les IPP et les anti-H2, l'acidité gastrique se combattait avec ce qu'on avait sous la main. Et pendant des siècles, 'sous la main', c'était littéralement du carbonate de calcium brut. L'ancêtre de ton Maalox, c'était du calcaire pilé vendu chez l'apothicaire.
Ça te paraît barbare ? Attends la suite.
Les Grecs de l'Antiquité avaient déjà compris un truc fondamental : quand l'estomac brûle, il faut neutraliser. Dioscoride, au 1er siècle après J.-C., recommandait la craie blanche finement pulvérisée mélangée à de l'eau de rose. Classe. Mais surtout, chimiquement, pas si faux que ça.
Le carbonate de calcium - CaCO3 pour les amis - réagit avec l'acide chlorhydrique gastrique pour donner du CO2, de l'eau et du chlorure de calcium. Neutralisation basique, efficacité immédiate. La même réaction que dans ton Rennie d'aujourd'hui. Sauf que pendant 1 500 ans, la 'formule galénique', c'était un mortier, un pilon et une bonne dose de poudre blanche.
Le twist ? Au XVIIIe siècle, les apothicaires ont commencé à vendre cette craie sous des noms poétiques : 'Terre de Lemnis', 'Magnésie blanche de Murray', 'Craie préparée de Londres'. Pure opération marketing avant l'heure. Certains mélangeaient avec de la menthe, du sucre, voire de l'opium pour 'calmer les spasmes'. L'opium dans l'antiacide, c'était l'époque.
Ce n'est qu'en 1910 que le Dr Bertram Sippy - oui, c'est son vrai nom - a formalisé un 'régime antiacide' à base de lait et de poudres alcalinisantes pour soigner l'ulcère. Le régime Sippy. Respecté pendant 60 ans. Avant qu'on réalise que le lait stimule finalement la sécrétion acide. Raté.
La vraie révolution, c'est 1977 : la cimétidine, premier anti-H2, puis les IPP dans les années 80. Et aujourd'hui, l'oméprazole est dans le top 3 des médicaments les plus délivrés en officine.
La prochaine fois qu'un patient te demande si le Maalox 'c'est vraiment de la craie', tu peux répondre : oui, et Hippocrate était d'accord.
Source : Pharm'Alpha