Le saviez-vous ? On soignait les fractures avec des toiles de plâtre... de momie

Pendant des siècles, les médecins européens ont utilisé de la poudre de momie égyptienne comme médicament universel. Mais ce que peu de gens savent, c'est que les bandages de lin des momies ont aussi inspiré... le plâtre orthopédique moderne.

Accroche-toi bien, parce que celle-là va te surprendre.

Au XVIe siècle, les apothicaires européens vendaient couramment de la *mumia* : de la poudre de momie égyptienne broyée, vendue au gramme comme un médicament de luxe. Cicatrisation des plaies, fractures, hémorragies - on lui prêtait des vertus universelles. Les marchands du Caire exportaient des momies par cargaisons entières. Amboise Paré lui-même, le grand chirurgien de la Renaissance, en contestait l'usage en 1545. Il était largement minoritaire.

Mais voilà le twist : c'est justement en observant les bandages de lin rigidifiés par la résine sur les momies que des chirurgiens militaires du XIXe siècle ont eu une idée. Si on peut rigidifier un tissu pour conserver un corps, pourquoi pas pour immobiliser un os ?

En 1852, le médecin néerlandais Antonius Mathijsen fait le pas décisif. Il imprègne des bandes de lin avec du plâtre de Paris - du sulfate de calcium - et les applique directement sur un membre fracturé. Résultat : sec en quelques minutes, léger, efficace. Le plâtre orthopédique tel qu'on l'a connu pendant 150 ans était né.

Avant lui, on immobilisait les fractures avec des attelles en bois, du cuir durci, des corsets de feuilles d'amidon, voire des coques en carton bouilli. Les résultats étaient... variables, c'est le moins qu'on puisse dire. Les soldats blessés finissaient souvent avec des membres mal consolidés, définitivement raccourcis ou déformés.

Aujourd'hui, le plâtre de Paris a largement cédé sa place aux résines synthétiques et aux orthèses thermoformées - plus légères, imperméables, et scanables en IRM. Mais la prochaine fois qu'un patient te rapporte une ordonnance pour une résine de contention, pense à la momie égyptienne qui a, sans le savoir, lancé toute l'aventure.

Source : Pharm'Alpha