Medicare, négo de prix : Trump signe une règle qui économise... presque rien

La règle finale américaine sur la négociation des prix Medicare pour les médicaments injectés en cabinet médical s'applique à seulement 4 laboratoires et économise 96% de moins que la proposition initiale. Un signal fort pour comprendre où en est le débat mondial sur la régulation du prix du médicament.

On surveille toujours ce qui se passe outre-Atlantique sur la régulation des prix du médicament. Et là, le résultat est saignant.

L'administration Trump vient de publier sa règle finale sur le programme dit 'Global Benchmark' (GLOBE), censé aligner les prix Medicare des médicaments administrés en cabinet médical sur des références internationales. L'idée de départ : faire pression sur les industriels en comparant les prix américains à ceux payés dans d'autres pays développés, dont la France. Ambitieux sur le papier.

La réalité ? La règle finale ne s'applique qu'à quatre laboratoires. Et les économies attendues pour Medicare chutent de 96% par rapport à la proposition initiale. On est passé d'une réforme structurelle à un symbole politique.

Pourquoi c'est important pour toi, pharmacien français ? Plusieurs raisons. D'abord, le débat sur la 'référence internationale' des prix est exactement le modèle inversé de ce qu'on vit en France avec les accords-cadres LEEM-CEPS : là-bas, ils essaient de s'aligner vers le bas sur nos prix ; ici, on négocie pour que les industriels maintiennent leur accès marché. Ensuite, les industriels du médicament, qui viennent d'accueillir 'prudemment' leur nouvel accord-cadre en France, jouent sur les deux tableaux : pression réglementaire US allégée + maintien des prix européens négociés. Un équilibre délicat.

Et le signal pour l'avenir ? Quand une réforme de régulation perd 96% de son ambition entre la proposition et la règle finale, ça dit quelque chose sur le rapport de forces entre les industriels et les régulateurs, même sous une administration qui avait pourtant promis de 's'attaquer aux Big Pharma'. En France, le CEPS n'a pas ce problème de façade : il négocie discrètement mais fermement, et les remises confidentielles font le vrai travail.

Ce que ça change au comptoir ? Rien d'immédiat. Mais quand ton patient t'explique que 'aux États-Unis les médicaments sont hors de prix, c'est le marché libre', tu as maintenant un exemple concret que même le régulateur américain n'arrive pas vraiment à changer la donne. Notre modèle conventionnel, avec tous ses défauts, reste une architecture solide.

Source : STAT News