Le saviez-vous ? On testait la stérilité masculine avec du persil

Pendant des siècles, pour savoir si un homme était fertile, les médecins ne regardaient pas ses spermatozoïdes. Ils regardaient du persil. La recette était précise, codifiée, et prise très au sérieux par les meilleurs médecins d'Europe.

Au Moyen Âge, l'infertilité d'un couple, c'était TOUJOURS la faute de la femme. Enfin, presque toujours. Parce que certains médecins arabes et européens admettaient quand même qu'un homme pouvait être en cause. Mais comment le vérifier sans microscope, sans analyse de sperme, sans rien ?

Entre en scène le persil. Oui, le truc qui décore ton assiette de restaurant. La méthode, décrite dans plusieurs traités médicaux du XIIe au XVe siècle, était la suivante : on faisait uriner l'homme sur une poignée de persil frais. On laissait reposer une nuit entière. Et le lendemain matin, on examinait les feuilles à la lumière du jour.

Voilà le twist : si le persil était «brûlé», noirci ou desséché, le diagnostic tombait. L'homme était stérile. Logique imparable à l'époque - l'urine d'un homme «chaud et vigoureux» devait fortifier les plantes, celle d'un homme «froid et stérile» les détruire. C'était de la médecine humorale dans toute sa splendeur.

Ce test n'était pas un remède de bonne femme. On le trouve dans des textes savants, notamment dans des adaptations latines de l'encyclopédiste Ibn Sina - Avicenne lui-même - et dans des manuels gynécologiques comme le Trotula, le bestseller médical du Moyen Âge. Médecins formés à Salerne et à Montpellier l'enseignaient à leurs étudiants.

La méthode a perduré sous différentes formes jusqu'au XVIIe siècle, avant que les premiers microscopes de Leeuwenhoek ne permettent d'observer enfin les spermatozoïdes en 1677. Là, le persil a pris sa retraite.

Aujourd'hui, le spermogramme a tout remplacé. Mais la prochaine fois qu'un patient te demande pourquoi son bilan de fertilité prend du temps, tu peux lui dire que ça aurait pu être réglé en une nuit... avec une botte de persil à 1,50 euro.

Source : Pharm'Alpha