Le saviez-vous ? On guérissait la dépression en injectant du sang de tuberculeux

Dans les années 1920, un psychiatre suisse était convaincu d'avoir trouvé le remède à la folie. Son arme secrète ? Provoquer délibérément la tuberculose chez ses patients. Le pire : ça marchait, parfois.

En 1917, un neurologue autrichien nommé Julius Wagner-Jauregg reçoit le prix Nobel de médecine. Pas pour avoir soigné des gens en douceur. Pour avoir inoculé le paludisme à des patients syphilitiques. L'idée : la fièvre violente détruirait la bactérie. Et ça fonctionnait.

Cette logique de « guérir le mal par un autre mal » a fait des émules. Dans les années 1920-1930, des psychiatres européens vont pousser le concept encore plus loin. Certains injectent à leurs patients dépressifs ou schizophrènes du sang prélevé sur des tuberculeux. L'objectif affiché : déclencher une fièvre intense pour « réinitialiser » le cerveau malade. Une sorte de reboot biologique, si tu veux.

Le twist ? Des médecins publiaient des résultats « encourageants ». Quelques patients semblaient effectivement aller mieux après les épisodes fébriles. Ce qu'on ignorait alors : c'était probablement dû à l'attention médicale accrue, pas à la tuberculose. Le biais de confirmation à son apogée.

Évidemment, des patients mouraient. De tuberculose. Injectée par leur médecin. Dans un hôpital psychiatrique. Ces décès étaient souvent classés comme « complications naturelles de l'état mental ».

Cette pratique a disparu avec l'arrivée des premiers psychotropes dans les années 1950. La chlorpromazine, synthétisée en 1950 par les laboratoires Rhône-Poulenc, a révolutionné la psychiatrie en offrant enfin une alternative chimique au barbarisme thérapeutique.

Aujourd'hui, quand un patient vient te demander si son antidépresseur est « vraiment nécessaire », tu peux lui répondre avec le sourire : très clairement, oui. Et lui épargner les détails.

Source : Pharm'Alpha