Le saviez-vous ? L'adrénaline a été extraite pour la première fois d'une glande de mouton

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En 1901, un chimiste japonais isole une molécule qui va changer la médecine d'urgence pour toujours. Son nom : l'adrénaline. Et sa première source ? Pas un laboratoire high-tech - une glande prélevée sur des animaux d'abattoir.

C'est l'une des molécules les plus célèbres du corps humain. Celle qui fait battre le cœur à tout rompre, dilate les pupilles et propulse les muscles en mode survie. Mais avant de finir dans les seringues des urgences, l'adrénaline a eu un parcours d'extraction franchement artisanal.

En 1895, un médecin polonais nommé Napoleon Cybulski est le premier à isoler un extrait des glandes surrénales de chien qui accélère le cœur. Intéressant - mais personne ne suit. Quelques années plus tard, en 1901, c'est le chimiste japonais Jokichi Takamine qui réussit à isoler la molécule pure, à partir de glandes surrénales de mouton et de bœuf récupérées dans des abattoirs de New York. Il dépose le brevet et lui donne le nom commercial « Adrenalin ».

Le twist ? Takamine est soupçonné par certains historiens d'avoir, disons... fortement emprunté les travaux d'un collègue américain, John Abel, qui bossait sur le même sujet depuis des années. Abel avait isolé une forme proche mais imparfaite. Takamine arrive, affine la méthode, dépose le brevet - et rafle la mise. La controverse ne sera jamais vraiment tranchée.

Côté Europe, les chimistes allemands préfèrent le terme « Epinephrine », du grec pour « sur le rein ». Aujourd'hui encore, les deux noms coexistent, source de confusion dans les ordonnances internationales et les échanges entre professionnels de santé.

Ce qui est certain, c'est que la molécule révolutionne la médecine dès ses premières années. Injectée, elle resserre les vaisseaux, relance un cœur en arrêt, stoppe un choc anaphylactique. En 1906, on l'utilise déjà comme vasoconstricteur en chirurgie pour limiter les saignements.

Aujourd'hui, l'adrénaline - ou épinéphrine - est sur la liste des médicaments essentiels de l'OMS. L'auto-injecteur que tu remets à un patient allergique aux arachides, c'est le descendant direct des glandes de mouton de Takamine. Pas si glamour à l'origine, mais terriblement efficace.