Le saviez-vous ? On mesurait la pression artérielle avec un tube planté dans une artère

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Avant les brassards gonflables, mesurer la tension, c'était une opération chirurgicale. Un cheval, un tube en verre et un chirurgien anglais du XVIIIe siècle : voilà comment tout a commencé. La suite est moins sanglante, mais pas moins incroyable.

Aujourd'hui, le tensiomètre, c'est l'outil le plus banal du comptoir. Trente secondes, un brassard, un chiffre. Mais pendant des siècles, personne n'avait la moindre idée de ce qu'était la pression artérielle, ni comment la mesurer.

En 1733, le révérend Stephen Hales, pasteur anglais et bricoleur de génie, décide d'aller voir de plus près ce qui se passe dans les artères. Son sujet d'étude : un cheval attaché à une planche. Sa méthode : il enfonce un tube en laiton directement dans la carotide de l'animal, puis connecte ce tube à un long tuyau en verre gradué. Le sang monte, monte, monte... jusqu'à 2,5 mètres de hauteur. Hales vient d'inventer la mesure directe de la pression artérielle, et accessoirement de causer un traumatisme à son cheval.

Le twist, c'est que cette méthode, aussi barbare qu'elle paraisse, reste utilisée en réanimation aujourd'hui, sous une forme modernisée. La mesure invasive par cathéter artériel, plantée dans le poignet ou l'aine des patients en soins intensifs, descend en ligne directe du cheval de Hales.

Il faudra attendre 1896 pour qu'un médecin italien, Scipione Riva-Rocci, invente le premier brassard gonflable, bien plus doux pour le patient. Puis 1905 pour que le Russe Nikolaï Korotkov découvre qu'on peut entendre les bruits cardiaques avec un stéthoscope pour affiner la mesure. Le tensiomètre moderne, tel qu'on le connaît, naît de cette combinaison.

Prend le brassard au comptoir : derrière cet objet anodin se cache presque trois siècles d'ingéniosité, un pasteur curieux, un cheval pas chanceux et deux Européens qui ont eu l'idée de faire moins mal.