Le saviez-vous ? On guérissait la coqueluche en faisant avaler des souris vivantes

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Pendant des siècles, le remède contre la coqueluche tenait plus de la fête foraine que de la pharmacopée. Des souris vivantes avalées entières, de la graisse de renard, et une bonne dose de désespoir. Et pourtant, les médecins y croyaient dur comme fer.

La coqueluche a longtemps été une terreur absolue pour les parents. Cette toux convulsive qui asphyxie les enfants par quintes incontrôlables tuait des milliers de nourrissons chaque année en Europe, bien avant que la médecine ne comprenne quoi que ce soit à son mécanisme réel.

Face à cette impuissance, les remèdes populaires ont fleuri dans toutes les directions. En Angleterre, au XVIIe siècle, on recommandait d'avaler une petite souris vivante, entière, d'un seul coup. L'idée, parfaitement sérieuse pour l'époque, reposait sur la théorie des similitudes : la souris vivait dans des trous étroits, elle symbolisait la capacité à passer dans des passages resserrés, donc elle allait, croyait-on, « ouvrir » les bronches.

En Allemagne, on préférait faire passer l'enfant malade sous le ventre d'un âne neuf fois de suite, de gauche à droite. En France, la graisse de renard chauffée, frottée sur la poitrine, rivalisait avec les décoctions d'ail rôti dans du lait d'ânesse. Et dans certaines régions bretonnes, on emmenait les enfants respirer l'air des fours à chaux, persuadés que la chaux « cautérisait » les poumons abîmés.

Le twist ? Ce dernier remède n'était pas totalement absurde. La chaleur et l'air sec avaient un effet réel, même minimal, sur les voies respiratoires irritées. C'est ce même principe, très lointainement revisité, qui a inspiré les premières chambres climatisées pour asthmatiques au XXe siècle.

La véritable révolution est arrivée en 1906, quand Jules Bordet et Octave Gengou, deux bactériologistes belges, isolent enfin le bacille responsable, le Bordetella pertussis. Un vaccin efficace suit dans les années 1920 à 1940. Aujourd'hui, le vaccin anticoquelucheux reste l'un des piliers du calendrier vaccinal, et sa couverture insuffisante provoque encore des résurgences régulières, y compris en France en 2024. La souris, elle, a pris sa retraite.