Protections menstruelles remboursées : la France à la traîne ou pionnière ?

Au 1er octobre, la prise en charge des protections periodiques reutilisables entre en vigueur en France pour les moins de 26 ans et les beneficiaires de la C2S. Un signal fort sur le plan de sante publique, mais les autres pays europeens ont-ils déjà emprunté ce chemin ? Spoiler : oui, et certains vont plus loin.

La France officialise ce 1er octobre le remboursement des protections periodiques reutilisables. Cibles : les personnes menstruées de moins de 26 ans et les beneficiaires de la Complementaire sante solidaire (C2S). Deux protections par an, delivrées en officine, prises en charge par l'Assurance Maladie.

Mais qu'est-ce que ca donne à l'echelle europeenne et mondiale ? Tour d'horizon rapide de ce qui se fait ailleurs, parce que c'est exactement ce contexte international que tes patientes vont avoir lu sur leurs reseaux avant d'arriver au comptoir.

L'Ecosse a été la premiere au monde à rendre les protections menstruelles gratuites et universelles en 2022, via le Period Products Act, sans conditions d'age ni de revenus. Le Royaume-Uni a un programme ciblé en milieu scolaire. L'Allemagne a abaissé la TVA sur ces produits à 7% en 2020, sans aller jusqu'au remboursement. L'Espagne a introduit la gratuité en lycee et université en 2023.

La France, avec son ciblage sante publique via l'officine, choisit donc un modèle hybride : remboursement conditionné, delivrance officinale, traçabilité via la carte Vitale. C'est moins universel que l'Ecosse, mais plus structuré que la majorité des pays voisins.

Pourquoi c'est important pour toi ? Parce que l'officine est le point d'entrée unique de ce dispositif. Pas la GMS, pas internet : l'officine. C'est une nouvelle mission de dispensation, et selon la FSPF et l'USPO qui ont toutes deux publié des fiches pratiques au 1er octobre, la mise en oeuvre terrain va prendre quelques semaines à se stabiliser (stocks, referencement, teleservices).

Les premiers retours de terrain signalent des references encore incomplètes dans les logiciels de gestion et des stocks limités chez les grossistes. Normal pour un J+1 de dispositif inédit.

Au comptoir demain matin ? Forme ton equipe sur les deux critères d'eligibilité (age et/ou C2S), verifie que tes references sont bien chargées dans ton LGO, et anticipe les questions : les patientes arrivent avec l'info mais rarement avec l'ordonnance. Bonne nouvelle : selon les textes en vigueur, la delivrance ne necessite pas d'ordonnance medicale.

Source : Pharmaceutical Journal / European Pharmaceutical Review