Vaccins en stock chez les médecins et infirmiers : ce que ça change pour l'officine

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Le décret n° 2026-939, publié le 10 octobre 2026 au Journal officiel, autorise médecins, infirmiers et sages-femmes libéraux à stocker eux-mêmes des vaccins. Un changement structurel pour le circuit de dispensation officinal.

Le Journal officiel du 10 octobre 2026 a publié le décret n° 2026-939 fixant les conditions dans lesquelles les médecins, infirmiers et sages-femmes exerçant à titre libéral, ainsi que les centres de santé, peuvent s'approvisionner et détenir des vaccins en vue de leur administration.

Concrètement, jusqu'ici, le circuit vaccinal passait massivement par l'officine : le patient achetait son vaccin au comptoir, puis se rendait chez son médecin ou son infirmier pour se faire injecter. Demain matin, ce circuit change de forme.

Avec ce décret, les prescripteurs et les infirmiers libéraux peuvent constituer leurs propres stocks et administrer directement, sans passer par l'officine pour la dispensation. Le texte fixe les conditions d'application de la dérogation au monopole pharmaceutique de dispensation prévue à l'article L. 4211-4 du code de la santé publique.

Qu'est-ce que ça signifie au comptoir ? Le volume de vaccins délivrés en officine pourrait baisser, en particulier pour la grippe saisonnière et le Covid-19, au profit d'un approvisionnement direct des cabinets. La campagne 2026-2027 démarre dans ce contexte inédit.

Une nuance importante à garder en tête : le pharmacien formé reste prescripteur et vaccinateur pour les personnes de 11 ans et plus pour la grippe, et dès 5 ans pour le Covid-19. L'officine conserve donc un rôle central pour les patients qui viennent directement se faire vacciner sur place. Le décret ne supprime pas la compétence officinale, il crée un circuit parallèle.

Le vrai risque est économique et de flux : si les patients se font vacciner directement au cabinet sans passer à l'officine, l'acte de dispensation disparaît.

À surveiller de près : les modalités concrètes d'approvisionnement des médecins et infirmiers (grossistes, laboratoires en direct ?), les conditions de conservation (chaîne du froid), et l'impact sur les volumes officinaux dès cette campagne. Les sources ne précisent pas encore les volumes attendus ni la répartition prévisionnelle entre circuits.